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CHAPITRE SEIZIEME

Angleterre maigre' l'avis des seigneurs qui m'accompagnaient et dont plusieurs sont encore vivants. Ils s'efforcèrent de me dissuader de venir dans ce pays, en me disant que je me livrais à mes ennemis , « et que jamais je n'en sortirais qu'ils ne me « fissent mourir » . Ils ne consentirent à me suivre que lorsque je leur eus donné par écrit une attestation que c'était malgré eux, et contre leur volonté, que je venais en Angleterre. Et partant, vous vous montrez bien ignorant de mes affaires, .en soutenant que j'ai cherché un refuge dans votre pays. La reine d'Angleterre, lorsque j'étais à Lochleven, a dit et écrit qu'elle emploierait tous ses amis pour me délivrer de prison et m'aider à réduire mes ennemis. Si elle ne voulait pas tenir sa promesse envers moi, qui étais venue auprès d'elle sur cette assurance, elle devait me renvoyer, et non me retenir prisonnière.

— Je lui dis encore qu'il y avait de grands personnages, dans cette contrée, qui avaient supplié Sa Majesté de la leur livrer, mais que Son Altesse avait toujours refusé. »

Sir Drury ajouta que Sa Majesté lui avait sauvé la vie pendant dix-sept ans, et même l'honneur.

■I En quoi? » dit-elle.

Il répondit : « Dans la commission qui siégeait à York et qui fut dissoute à la prière de vos amis, pour sauver votre honneur.

— Non, dit-elle, la commission fut dissoute parce qu'on ne voulut pas laisser mes amis répondre à mes accusateurs.

— Je Iiii dis que l'évêque de Ross avait écrit qu'elle avait été dissoute en sa faveur, et que ce livre existait, et que c'était une des mille laveurs accordées par Sa Majesté.

— C'est une grande faveur que de m'avoir si longtemps gardée ici, contre mon gré !

— Je dis que c'était pour sa sûreté, que son peuple cherchait sa mort et avait demandé qu'elle fût livrée, comme il a été dit auparavant.

— Won, dit-elle, alors je parlerai. Il fut ici résolu que je ne sortirais plus de l'Angleterre, et le lord trésorier, lorsque je fus réclamée par mes sujets, écrivit au comte de Moray une lettre qui me fut livrée, et dans laquelle il disait que le diable était attaché avec une forte chaîne, et qu'ils n'avaient su le garder, mais qu'il serait gardé plus sûrement ici. » The Lettev Boohs of Amias Poulet, etc.; Paulet à Davison, 21 décembre 1586.

— C'était pour votre bien et pour vous sauver de vos ennemis, reprit Paulet. Vous en devriez savoir meilleur gré à la reine , d'autant plus que , lorsque vous êtes entrée dans son pays , vous tombiez sous sa puissance. La reine vous a gardée et ne vous a point fait de mal, bien qu'elle pût soupçonner que, prétendante à la couronne d'Angleterre, vous fussiez venue pour quelque autre dessein. Elle était d'ailleurs certaine que, si elle vous eût renvoyée en Ecosse, vos ennemis vous eussent ôté la vie.

— Mes sujets avaient pris les armes sur les frontières pour me défendre, lui répliqua Marie.

— Lorsque votre parti était toujours le plus faible dans votre pays, s'écria Paulet, Votre Grâce a toujours été maintenue en sa qualité de reine, et mieux traitée que ne l'ont jamais été tous les autres compétiteurs à la couronne ; et , pour toute reconnaissance , vous avez voulu attenter à la vie de la reine ma maîtresse. Les choses même sont tellement vérifiées, qu'il n'y a point de doute. De par les lois du pays , la reine Elisabeth avait le droit de vous faire juger par douze hommes', et cependant elle a très-honorablement procédé à votre égard, lorsqu'elle a formé une assemblée composée des grands de son royaume , des membres de son Conseil et des États, pour examiner l'affaire.

— Votre reine, dit Marie à Paulet, n'avait aucun droit de me retenir. M'ayant empêchée de faire passer des armes à mes amis, les Anglais brûlèrent et saccagèrent les biens et les maisons de tous ceux qui avaient pris ma défense. Retenue par force, je n'ai jamais pu obtenir de bonnes conditions pour ma délivrance. Mon parti n'était pas le plus faible lorsque les Anglais ne s'en mêlaient pas... Un des plus grands et des premiers seigneurs d'Angleterre a écrit autrefois à Moray : «Vous n'avez

« pas su garder le diable pendant qu'il était entre vos mains, et

• Par un jury composé de douze membres. /

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