‹ Marie StuartChapitre 44 sur 231 · CHAPITRE TROISIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIEME

d'un bon serviteur. Sa Majesté approuve le retour à Ghartley pour toutes les raisons données dans vos lettres sur la force de cette maison , ce qui exonérera le pays voisin des guets continuels. Mais , sur le rapport fait par M. Waad , Sa Majesté désire que votre hôtesse soit promptement transférée plus loin, qu'elle ne jouisse plus de la liberté qui lui a été accordée jusqu'à présent, et qu'elle soit traitée comme une prisonnière, n'ayant pour la servir que quelques personnes absolument nécessaires. Sa Majesté désire que vous songiez à combien le nombre de ses serviteurs doit être réduit... Quant au jeune Pasquier, ajoutait-il, Sa Majesté désire qu'il soit envoyé ici sous bonne garde, comme vous le jugerez bon; car il est à croire qu'il a participé aux lettres chiffrées ' . . . »

Après une rigoureuse séquestration de neuf jours, Marie fut ramenée à Ghartley, le 25 août *, par une escorte à cheval de cent quarante gentilshommes, qu'Elisabeth, sur la demande de Paulet, donna l'ordre de réunir dans les environs de Tixall, de crainte d'un coup de main. Lorsque Marie se dirigea vers son coche, elle fut entourée d'une foule de pauvres qui lui demandèrent l'aumône. «Hélas! leur dit-elle avec tristesse,

1 Walsintjhain a Paulet, 25 août 1586; The Letter-Books of sir Aniias Poulet, etc., p. 271 et 272. Paulet lui répondait le 27 août : « Je ne manquerai pas de vous envoyer Pasquier en toute diligence, et je vous adresse, en même temps, mon humble opinion touchant la maison de cette dame. » (^The Letter-Books, etc., p. 277.) Le 29, il lui écrivait : « Pasquier vou» arrive conduit par trois de mes serviteurs. Je ne doute pas qu'ils ne s'acquittent de leur devoir à votre satisfaction et, en vérité, je n'ai pas trouvé de meilleur moyen pour vous l'envoyer. » The Letter-Books of Amias Poulet, etc., p. 269.

La date donnée par le Journal de Bourgoing correspond parfaitement à celle que Paulet a fixée dans la lettre précédente, pour reconduire Marie à Ghartley, et à celle qu'il donne dans une autre lettre adressée à Walsingham le 27 août : o Le 25 courant, dit-il, cette dame fut ramenée ici, conduite par sir W. Aston, M. Bagot, M. Gresley, M. Littleton, M. Chetwynd et autres, au nombre de cent quarante au moins. » The Letter-Books of Amias Poulet, etc., p. 275.

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je n'ai rien pour vous, je suis une mendiante comme vous; tout ce que je possédais m'a été pris ' . » En arrivant à Chartley, elle fut accueillie par ses fidèles serviteurs avec des transports de joie inexprimables. Croyant l'avoir perdue sans retour, ils pleuraient de bonheur de la revoir; ils l'entouraient, la pressaient familièrement de questions, et la reine, non moins émue, et mêlant ses larmes à celles de ces braves gens, qui l'écoutaient, suivant la naïve expression de Bourgoing, « en bonne dévotion » , leur répondait à tous avec la plus grande bienveillance ^. Ayant appris que la femme de son secrétaire Curie, Barbara Mowbray, une de ses filles de chambre qu'elle aimait particulièrement, venait d'accoucher, elle s'empressa d'aller la visiter, et, pour la rassurer, dans l'état où elle se trouvait , elle lui promit « qu'elle répondrait pour son mari * » . La petite fille qui venait de naître la veille n'avait pu être baptisée, car, ce jour-là même. Du Préau, l'aumônier de la reine, sur un ordre barbare provoqué par Paulet, avait été transféré à quelque distance de Chartley *, au moment même où Marie avait le plus besoin de son assistance et de ses consolations *. La reine pria sir Amyas, qui, sans pudeur, l'avait suivie jusque dans la chambre de l'accouchée, de permettre au moins au ministre protestant de baptiser l'enfant, avec tel parrain qu'il plairait à Paulet de choisir, pourvu que la petite fille portât le

1 Paulet à Walsingham, Chartley, 27 août 1586; The Letter-Books oj Amias Poulet, etc., p. 273 à 277.

2 Journal inédit de Bourgoing .

3 Amyas Paulet à Walsinyfiam, 27 août; The Lelter-Books of Amias Poulet, etc., p. 275.

^ Paulet, avant le retour de Marie à Chartley, avait envoyé Du Préau chez M. Gresley. « Vous avez bien fait de séquestrer ce prêtre dans la maison de mon cousin Gresley, écrivait Walsingham à Paulet, le 25 août. Je saurai de Sa Majesté ce qu'on doit faire de lui. » The Letter-Books of sir Amias Poulet, etc., p. 272.

5 Journal inédit de Bourgoing,

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