CHAPITRE TROISIEME
se trouvait prisonnier avec Curie dans Thôtel de Walsingham, ne cessait, même au milieu des craintes de la torture et en face de la mort qui le menaçait, de parler de son amour aux geôliers qui le gardaient à vue. Il est fort probable que Walsingham, instruit de la passion de Nau par Pauiet et par ses espions , essaya d'arracher des aveux ou de fausses déclarations au prisonnier, en lui donnant l'espoir qu'il lui ferait épouser Mistress Elisabeth Pierrepont '.
Depuis le retour de Marie Stuart à Chartley, il ne se passait pas de jour qu'elle ne visitât avec la plus touchante sollicitude la femme de Curie. Mais sir Amyas, craignant sans doute qu'elle ne lui fît quelque confidence pour la transmettre à son mari, lui interdit rigoureusement ces visites, ainsi qu'à toutes' les personnes de sa suite.
Chaque jour, quelque nouvel acte de brutalité de Pauiet, ordonné par Elisabeth, venait frapper Marie dans sa dignité de femme et de reine.
* Wicasius Yetsweirt, secrétaire d'Elisabeth, écrivait à Walsingham, le 19 août : « Sa Majesté désire que je vous fasse savoir toute la reconnaissance qu'elle vous garde pour toutes les peines et soucis que vous prenez, et aussi parce que vous gardez en votre logis Nau et Curie, comme vous l'avez écrit à Sa Majesté. Cette garde ne pouvant être sûre, elle vous engage à ne pas leur donner une nourriture trop abondante , mais telle qu'il convient à des prisonniers. Sa Majesté pense qu'il est inutile qu'ils aient quelqu'un pour les servir dans leurs chambres, et que leurs repas pourront leur être portés par ceux que vous choisirez. On peut les laisser dans leurs chambres, sous les verroux ou sous clef, car Sa Majesté ne présume pas quils aient l'intention de se pendre ou de se tuer... Pour ce qui concerne les trois prisonniers, Babington, Barnwell et Savage, qui sont chez le vice-chambellan (sir Christophe Hatton), Sa Majesté n'a pas l'intention de les envoyer à la Tour avant qu'ils aient été examinés... » The Letter-Books of Amias Poulet, etc., p. 260-261.