RÉPONSES DE MARIE AUX DÉLÉGUÉS DE LA COMMISSION
Le 11 (21) octobre, les seigneurs et les hommes de loi qui avaient été choisis par Elisabeth pour interroger la reine d'Ecosse arrivèrent à Fotheringay. Us se logèrent comme ils purent, les uns dans le village situé sur les bords du Nen, à une petite distance du château, les autres dans les cottages et les fermes des environs ' , Avant leur arrivée, on avait remarqué dans le voisinage de Fotheringay nombre de gens suspects qui, selon toute probabilité, n'attendaient qu'une occasion favorable pour tenter un coup de main en faveur de Marie Stuart. Mais les valets des pairs étaient armés jusqu'aux dents, et deux cents cavaliers, dans la prévision d'une tentative sur le château, avaient été postés aux alentours*.
Un double de la commission fut remis sur-le-champ à la reine d'Ecosse. Cet acte portait les noms de quarante-huit membres; mais, sur ce nombre, neuf ou dix, comme nous l'avons dit, s'étaient excusés d'en faire partie. Voici les noms des commissaires présents : le premier qui figurait sur la liste
1 Froude's History of England, vol. VI.
2 Ibidem et Lettres de Burghley, dans The Letter-Books of Atnias Poulet, etc. Paulet avait écrit à Walsingham , le 5 octobre : « J'aurais bien désiré vous préparer une chambre; mais sir Walter Mildmay, m'ayant ouï parler de ce projet, m'a donné à entendre que la chambre à lui destinée près de la salle du Conseil vous servirait à tous deux, et qu'il savait que vous le trouveriez bon. J'ai fait des provisions spéciales dans cette chambre pour votre nourriture, et j'ai fait faire de la place dans mon écurie pour dix ou douze de vos chevaux. » The Letter-Books of Amias Poulet, p, 294.
était celui de l'archevêque de Gantorbéry, primat et métropolitain de toute l'Angleterre ; puis venaient alternativement les noms des membres du Conseil privé et des lords du Parlement. Parmi les membres du Conseil, on voyait en première ligne sir Thomas Bromley , chancelier d'Angleterre ; sir Thomas William Cecil, lord Burghley, grand trésorier d'Angleterre; puis le comte de Shrewsbury, grand maréchal d'Angleterre; les comtes de Derby, de Warwick, de Leicester; lord Howard, grand amiral d'Angleterre; lord Cobham, gardien des cinq ports; sir Francis Knollis, trésorier de la reine; sir Jacques Crofts, contrôleur de sa maison; sir Christophe Hatton , vice-chambellan ; Francis Walsingham , secrétaire d'Etat ; William Davison, l'un des principaux secrétaires de la reine; sir Ralph Sadler, chancelier du duché de Lancastre; sir Walter Mildmay, chancelier de l'Échiquier; sir Amyas Paulet, gardien de Marie et capitaine de l'île de Jersey, et John Wolley, secrétaire de la reine Elisabeth pour la langue latine. Parmi les noms des lords du Parlement figuraient ceux du marquis de Winchester, des comtes d'Oxford, de Kent, de Worcester, de Rutland, de Pembroke, de Lincoln, du vicomte de Montagu, ceux des lords Abergavenny, Zouch, Morley, Stafford, Grey de Wilton, Lumley, Sturton, Sandes, Wentworth, Mordant, Saint-John de Bletsho, Compton, Cheiney ; enfin, parmi les magistrats et hommes de loi : sir Christophe Wray, premier juge {chief justicer), désigné pour les plaids qui se tiennent devant la reine; sir Edmond Anderson, premier juge du banc de la cour; sir Roger Manswood, premier baron de l'Echiquier; sir Thomas Gawdy, l'un des juges désignés pour les plaids qui se tiennent devant la reine ; et enfin William Percam ou Popham, un des juges de la cour. Parmi les lords du Parlement qui s'étaient abstenus de figurer aux débats, se trouvait lord Buckurst, parent d'ÉHsabeth '.
1 Journal inédit de Bourgoing ; Jebb, t. II ; Howell's State Trials, etc., 1. 1.