‹ Marie Stuart, son procès et son exécution, d'après le journal inédit de Bourgoing, son médecin; la correspondance d'Amyas Paulet, son geôlier, et autres documents nouveauxChapitre 125 sur 226 · IT · texte numérisé non relu

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(aire Tombre d'un doute , est un sûr garant de la Tenté de ses affirmations. L'héroïsme extraordinaire qu'elle montra à ses derniers moments, l'ardente foi qui l'animait, peuvent-ils se concilier avec la basse hypocrisie que lui ont prêtée ses ennemis ? Sur le point de comparaître devant le souverain Juge , eût-elle osé jouer ce double rôle, s'exposer à perdre en un instant le firuit de tant de souffrances si noblement supportées pour la cause de sa religion? Fervente catholique , eûtrclle pu associer ainsi le parjure au martyre ' ?

^ Voltaire était trop fin pour tomber dans les pièges de Walsîngliain. Voici comment il s'exprime avec une grande justesse de coup d*œil sur cette infâme procédure : « La reine d'Angleterre alors, ayant fiait mourir quatorze conjurés, fit juger Marie, son égale, comme si elle avait été sa sujette. Quarante-deux membres du Parlement et cinq juges du royaume allèrent l'interroger dans sa prison de Fotheringay; elle protesta, mais répondit. Jamais tribunal ne fut plus incompétent, et jamais procédure ne fut plus irrégulière. On lut représenta de simples copies de ses lettres, et jamais les originaux. On fit valoir contre elle les témoignages de ses secrétaires, et on ne les lai confronta point. On prétendit la convaincre sur la déposition de trois conjurés qu'on avait fait mourir, et dont on aurait pu différer la mort pour \t* examiner avec elle. Enfin, quand on aurait procédé avec les formalités que l'équité exige pour le moindre des hommes, quand on aurait prouvé que Marie cherchait partout des secours et des vengeurs, on ne pouvait la déclarer criminelle. Elisabeth n'avait d'autre juridiction sur elle que celle du puissant sur le faible et sur le malheureux. » (Essai sur les mœurs, etc., édit. de Kelh, p. 166 et 167.) Gomme on le voit, Voltaire ne s'est pas laissé séduire, comme M. Mignet, par cette prétendue concordance de pièces fabriquées par detii faussaires, et qui furent lues à Fotheringay, hors de la présence de Babington et des secrétaires de Marie Stuart. Sans hésiter, il les rejette du débat comme des preuves indignes de l'histoire.

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