‹ Marie Stuart, son procès et son exécution, d'après le journal inédit de Bourgoing, son médecin; la correspondance d'Amyas Paulet, son geôlier, et autres documents nouveauxChapitre 132 sur 226 · NOUVELLE TENTATIVE DE PAULET POUR ARRACHER DES AVEUX · texte numérisé non relu

NOUVELLE TENTATIVE DE PAULET POUR ARRACHER DES AVEUX

Afin de se disculper devant TEurope, les ministres d^Élisabeth en étaient encore à chercher une preuve sans réplique de la culpabilité de Marie Stuart. Ne la trouvant pas, ils firent une nouvelle tentative pour lui arracher un aveu. Paulet eut mission de Tinterroger, et, s'il était possible, de surprendre sur ses lèvres le mot précieux qui les eût lavés de tout reproche. Peut-être même fut-il chargé de laisser entrevoir à Marie, afin de la perdre plus sûrement, Tespérance du pardon, si elle s avouait coupable. Le jour donc de la Toussaint, dans Taprès* dinée ', Paulet se rendit dans la grande salle où la reine avait été interrogée par les commissaires. Gomme on Ta vu plus haut, cette salle avait été mise à la disposition de Marie Stuart après leur départ. Sir Amyas feignit de vouloir s'assurer si elle avait été convenablement disposée pour Tusage de la reine, et si les fermetures ordonnées par lui pour sa sûreté étaient en bon état. Sur quelques indices qui durent lui donner Téveil, il n'était pas sans crainte, comme il semble, que d'un moment à l'autre la reine d'Ecosse ne fût enlevée par ses partisans ou

* Le 30 oÉctobre, Paulet avait expédié à Walsingliaiii un bulletin de U santé de la reine : « Je -veux vous avertir que cette reine a pris médecine trois fois cette semaine, et, comme à Tordinaire, elle a été malade, ce qui £iit qu*elle n'est pas sortie de son lit depuis cinq ou six jours, et y est encore. » The Letter^Books of sir Amias Poulet, etc., p. 304.

massacrée par ordre du gouvernement anglais, et comme ayant tout il avait à cœur, soit de ne pas se laisser surprendre, soit de ne pas tremper dans un pareil crime, par précaution, il avait fait murer quelques ouvertures du château et notamment quelques portes et croisées de cette salle'. Après son inspection, et comme s*il n*eût pas voulu, étant si près de la reine, se retirer sans lui rendre visite, il attendit qu'elle eût fini ses prières et demanda à la voir.

Introduit auprès d'elle , il se montra plus courtois qu'à son ordinaire, et, pendant quelques instants, feignant de n'avoir rien d'essentiel à lui dire , il devisa de choses indifférentes. De propos en propos , la reine en vint à lui parler de l'état de sa santé qui, jamais, disait-elle, n'avait été meilleure que depuis son dépai^t de Ghartley et les dernières épreuves qu'on lui avait

^ Journal inédit de Bourgoing, Le 29 octobre, Davison écrÎTaît à Biif|[liley . • Les plaintes que fait entendre sir Amyas sur la faiblesse; d*une demeure oà il doit résister à tonte attaque désespérée qui pourrait être tentée en firenr de la reine d'Ecosse, sont fort à considérer. Selon son opinion, on pourrait fiaire une levée de cent ou deux cents hommes, que l'on posterait dans des endroits convenables auprès de lui, et qui seraient prêts à repousser toute attaque. Son Altesse me prie de vous en faire part, pour que ce soit exécuté, si vous ne trouvez pas d'autre moyen. Elle ne désire pas que cette reine soit rapprochée d*ici (de Richmond). Elle est si décidée à lui envoyer (à sir Amyas) de la poudre et du plomb , que je suis certain qu'elle n'a pas le dessein de le débarrasser de sa charge. — Sa Majesté trouve qu'il y a un vide (dans ses lettres), en ce qu'il n'avertit pas Son Altesse des discourt qu'elle (la reine d'Ecosse) tient depuis que Vos Seigneuries l'ont vue, et elle a fût savoir à M. le secrétaire qu'elle désirait plus de détails à ce sujet. » {The Letter-Books of sir Amias Potilet, etc., p. 302). Le jour suivant, Buiighley répondait à Davison : ■ J'ai lu les lettres que vous m'avez envoyées, et j'y ai trouvé l'opinion de M. Paulet sur la faiblesse d'une partie du château de Fotheringay et sur le manque de poudre et de plomb. L*attention de Sa Majesté s'est portée sur tout cela. Je pense qu'il serait meilleur d'avoir quarante on cinquante soldats, pour guetter et veiller, qui, bien choisis, serviraient mieux à notre dessein que deux cente hommes hors du château ou des gentilshommes des environs; quant à la poudre et au plomb, je donnerai des ordres à l'un des serviteurs de M. Paulet, qui est son pourvoyeur à Londres, etc. ■ Tke LeUer-Books ùf sir Amias Poulet, etc., p. 303.

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