CHAPITRE DIX-SEPTIÈME
Stuart ne le trouva pas plus compatissant et plus résolu à disputer sa vie à Elisabeth, que les rois de France et d'Ecosse. Lorsqu'il avait appris par Mendoza l'organisation du complot de Babington, il avait surmonté son hésitation habituelle. Tuer Elisabeth , disait-il , était une entreprise si sainte , a tan santa empresa » , un tel service, « tanto servitio » , rendu au Tout-Puissant , que Dieu , il en était certain , ferait prospérer Tentre^ prise, à moins qu'il ne fût las de l'indifférence des hommes. En conséquence, il avait donné des ordres pour équiper sur-lechamp une escadre à Lisbonne, et il avait prévenu le prince de Parme de se tenir prêt à croiser à l'entrée de la Tamise dès que la lutte serait engagée '. Mais lorsque le complot fut découvert, autre fut le rôle de ce prince que la politique seule et les intérêts du catholicisme pouvaient déterminer à l'action. Ce fut en vain que Huntly et lord Claude Hamilton le supplièrent de ne pas se décourager, et d'ordonner au prince de Parme d'envoyer six mille hommes en Ecosse, afin de forcer Jacques à intervenir en faveur de sa mère : Philippe se montra sourd à leurs prières. « Considérant peut-élre que Marie Stuart était un obstacle à son ambition, et qu'il serait bon pour lui de laisser agir Elisabeth, il rentra dans l'inaction et laissa le problème se résoudre de lui-même*. »
* Philippe II a Mendoza, 5 septembre 1586 , Teulet, t. Y.
* Froude's History of England : Reign of Elisabeth, vol. VI.