‹ Marie Stuart, son procès et son exécution, d'après le journal inédit de Bourgoing, son médecin; la correspondance d'Amyas Paulet, son geôlier, et autres documents nouveauxChapitre 17 sur 226 · CHAPITRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIEME

papiers de Morgan, serviteur de la reine d'Ecosse ^ A ce &ussaire ëm.érite il avait adjoint un nommé Gregory qui excellait à prendre l'empreinte du sceau d'une lettre ^ à la idccacheter et à la sceller de nouveau avec un tel art que Fœil le plus exercé ne pouvait découvrir la fraude*.

« Le but de cette savante organisation, dit M. Jules Gauthier, était d^entralner Marie dans quelque entreprise contre Elisabeth , afin d'en prendre prétexte pour l'exécuter, ce que cherchaient depuis quinze ans Burghley et Walsingham. Le complot pour faire mourir Marie Stuart est un fiaiit avéré; celui qu'on va voir s'ourdir contre la vie d'Elisabeth n'est pas moins certain. La seule question difficile à résoudre, c'est si le second complot ne fut pas inventé pour masquer le premier et le feire réussir; si, en un mot, la conspiration contre la reine d'Angleterre ne fut pas provoquée par Walsingham pour la faire servir à Taccomplissement de ses projets sanguinaires contre la reine d'Ecosse. Les faits qui vont être racontés ne semblent laisser aucun doute'. »

^ Lorsque Phelîpps eut offert ses seryices pour perdre la reine d'Ecosse et soumis ses plans à Walsingham , celui-ci s'empressa de le faire récompenser par anticipation : « Sa Majesté, lui écrivait- il à la date du 3 mai, a signé l'ordre pour une pension de cent marcs, et vous ne sauriez croire de quel coeur elle accepte vos services, etc. » The Letter^Books of sir Amias Poulety keeperofMary Queen ofScots, etc., edited by John Morris. London, 1874, p. 189.

2 Tttler, t. VIII; HoSACK, t. II, p. 338.

' Jules Gauthier, t. 11^ p. 894. « Il restera toujours douteuii, dit M. Ho« sad[, t. II, p. 334, de savoir si cette conspiration fut l'œuvre de quelques jeanes gens impétueux pour délivrer la reine d'Ecosse et rétablir l'antique foi, ou s'ils y furent engagés par les artifices de Walsingham et de ses agents. « • Il est clair, dit plus loin le savant critique, qu'aussitôt que le plan de Phelîpps pour s'emparer de la correspondance de Marie fut organisé, la vie de cette princesse fut au pouvoir de Walsingham, ou, pour mieux dire, du déckiffreur Phelipps. Si elle ne disait rien dans sa correspondance qui pût la trahir, rien n'était plus facile que d'y mêler une lettre chiffrée contenant certaines choses suffisantes pour lui attirer les rigueurs du dernier Statut. * HosAcx, t. II, p. 338.

Paulet avait exercé une telle surveillance depuis que Marie était confiée à sa garde qu'elle n'avait pu foire tenir (}e lettre à qui que ce fût, pas même à l'ambassadeur de France qui, de son côté, n'ayant pu lui feire parvenir nombre de dépêches, à elle adressées, les avait gardées en dépôt dans son hôtel '. Mais à peine les agents de Walsingham eurent-ils pénétré dans la confiance de Morgan et de Paget, que de nouveaux moyens furent offerts à Marie pour renouer sa correspondance interrompue depuis deux ans. Dés le mois de juin et de juillet 1585, Poley et GifFord lui firent parvenir des lettres de Paget et de Morgan qui la mettaient au courant de leurs menées, et lui signalaient les personnes suspectes et ceux de ses partisans dont le dévouement était sûr'.

C'était la veille de Noël que Marie était arrivée au château de Ghartley, et presque aussitôt, par ordre de Walsingham, Phelipps s'y était rendu afin d'y organiser une surveillance telle qu'aucune lettre, entrant ou sortant, né pût lui échapper '. Vers ce même temps, GifFord fit un voyage en Angleterre. 11 était porteur de lettres de recommandation de l'archevêque de Glasgovtr, de Paget, de Morgan et d'autres amis de la reine pour l'ambassadeur de France à Londres. On le lui présentait comme un homme entièrement sûr et dévoué à la reine d'Ecosse. GifFord lui exposa qu'il s'était rendu en Angleterre dans le dessein de concourir à la délivrance de la reine et de lui faire parvenir les lettres de ses amis. Il pouvait, disait-il, s'acquitter mieux que tout autre de cette dernière mission , la maison de son père étant située près de Ghartley^. Malgré le haut patronage de l'archevêque de Glascow, l'ambassadeur se

^ Mémoire de Châteauneufy Labakoff, t. VI, p. 278.

2 J. Gauthier, t. Il, p. 394.

3 Labanoff, t. VI, p. S5S, 262, 263; Jules Gautoibr, t. II, p. 395; HosACK, t. II, p. 334-335.

* HosACK, t. II, p. 335.

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