CHAPITRE XIX
ouveaux actes de violence de paulet. il enleve a la reinb
son aumonier, plusietfrs de ses serviteurs, et supprime les
derniers attributs royaux. nouvelles craintes db marie
d'Être assassinée.
Le 21 janvier, sir Amyas ayant envoyé chercher Bourgoing, Melvil et du Préau, Taumônier de Marie Stuart, signifia à ces deux derniers qu'il avait reçu ordre d'empêcher toute communication entre eux et leur maîtresse , et leur enjoignit de sp retirer dans leurs chambres. Mais comme celle de l'aumônier était assez rapprochée de celle de la reine , il le relégua dans la chambre de Melvil, située à l'une des ailes du château. Il leur permit toutefois de se promener dans la cour, et de dîner à roffice, même de communiquer avec les autres serviteurs de la reine, mais il leur interdit rigoureusement l'en.trée de la salle qui, depuis le départ des commissaires, avait été mise à la disposition de la princesse pour agrandir son logement. Melvil et du Préau montrèrent la plus grande tristesse <le cette cruelle séparation. Celte nouvelle, aussitôt rapportée par Bourgoing à la reine et à ses serviteurs, les plongea dans le plus douloureux étonnement. Ils se perdaient en conjectures sur les motifs d'une aussi étrange mesure, mais ils ne pouvaient se dissimuler que c'étaient là autant de symptômes avant-coureuis d'une prochaine catastrophe \
Le même jour Paulet écrivait à Davison : « ..... Je n'ai pas eu de nouvelles depuis un mois , sauf les quelques lignes de
1 Journal inédit de Bourgoing,
356 MARIE STUABT.
M. le secrétaire Walsingbam relatives aux papiers de celle dame, et vous devez penser que votre lettre du 18 a été la bienvenue. Je vous en remercie, ainsi que de votre avis amical sur l'état présent des choses en haut lieu , et bien que je ne
puisse être content de ce pitoyable déki , et en particulier
de ces jours de décadence où Satan, avec ses complices, va rugissant, la gueule béante, cherchant, par d'exécrables complots à l'intérieur et à l'extérieur, à dévorer notre très gracieuse *reine, que Dieu préserve, cependant il y a quelque satisfection d'apprendre que Ton a quelque espoir que Dieu , dans sa miséricorde, a décrété un jour qui ne peut avorter. Je ne m'étonne pas d'apprendre que la lettre de cette dame n'a rien produit de bon ; ce qui s'accorde avec mes prévisions qu'elle pourrait faire du mal et ne rien faire de bon pour la reine et l'État, bien que j'aie été blâmé plusieurs fois de ne l'avoir pas engagée à écrire, sans que l'on m'eût préalablement donné des instructions à cet effet. Elle rCaime que le sang, le mal et la médisance, et rien autre ne peut venir d'elle. — Puisque Sa Majesté me trouve en faute pour avoir permis à tous les gens de la suite de cette dame de l'aborder aussi librement qu'avant sa con* damnation, ce qu'elle aurait voulu restreindre un peu, s'en rapportant à ma discrétion , je dois vous dire que je n'en suis pas fâché, et que j'ai éloigné Melvil et le prêtre, qui sont les deux seules personnes dont cette dame peut se passer le plus fecilement, et que, dans un temps , on avait trouvées inutiles. Depuis son arrivée dans ce château, on les lui avait rendus par ordre d'en haut, mais on peut les enlever sans que son service en souffre absolument, lis sont logés dans la cour qui touche à la grille intérieure et peuvent prendre leurs repas dans Toffice, sans arriver au grand vestibule. Le médecin, le pharmacien et le chirurgien ont été autorisés à rester par ordre de Sa Majesté* et je ne peux prendre sur moi de les éloigner sans instructions. Les autres serviteurs prennent leurs repas ensemble dans une chambre au pied de l'escalier qui conduit à la salle à