CHAPITRE VINGT ET UNIEME
teurs de sig^naler sa conduite envers elle à du Ruisseau ', beaufrère de Nau, et à Fontenai, son propre frère *. Toutefois, malgré ses préventions contre son ancien secrétaire, qui lui paraissaient si bien fondées, la reine, animée du plus louable sentie ment d^équité, déclara dans son testament que, s'il était reconnu qu'il ne fût pas coupable envers elle, elle lui laissait sa pension. Ce fut Tunique sujet sur lequel elle s'exprima avec quelque amertume. Elle fit ensuite, assise dans un fauteuil et un inventaire à la main, une revue des objets divers de sa garde-robe. Puis elle -partagea entre ses femmes et ses serviteurs, ses vêtements et le peu de joyaux, de vaisselle d'argent et de meubles précieux qui avaient échappé à la sauvage dévastation de Chartley, et dont Elisabeth n'avait pas fatit sa proie. Chaque don de ces tristes reliques du temps de sa splendeur était accompagné de quelque parole afEable qui en rehaussait encore le prix. Elle chargea ses serviteurs de remettre de sa part quelques souvenirs à son fils, au roi et à la reine de France, au roi d'Espagne, à Catherine de Médicis, aux princes de la maison de Lorraine et à ses plus intimes amis. Depuis le plus petit jusqu'au plus grand, nul n'était oublié'.
^ Le chancelier de Marie Stuart.
2 Journal inédit de Bourg oing ; La Mort de la royne d* Ecosse y dans Jebb, t. II.
3 La Mort de la royne ^Ecosse, t. II; Martyre de Marie Stuart, etc., par Blackivood, dans Jebb, t. II. — Elle ordonna à Pierre Gorion, son pharmacien, de se rendre auprès de Philippe II, pour le prier, de sa part, défaire des libéralités à quelques-uns de ses amis et de ses serviteurs^ tels que Arundel, Paget, Morgan, Tarchevèque de Glasgow, Westmoreland, Tévêque de Ross, et les femmes qui avaient partagé les épreuves de sa prison. Elle chargea Gorion de dire à Philippe II que son dernier vœu était qu*il persévérât dans son projet d'envahir l'Angleterre, entreprise, disait-elle, digne de sa grandeur. Enfin, comme il était juste que les auteurs principaux des persécutions qu'elle avait subies fussent punis, elle engageait Philippe, dès qu'il se serait rendu maître de l'Angleterre, à ne pas oftiblier comment elle avait été traitée par Ceci] , par Leicester, par Walsingham, par Huntingdon, Amyas
396 MARIE STUAUT.
Cette distribution accomplie, elle écrivit à son aumônier cette touchante lettre, vers les neuf heures du soir :
tt J^ai été combattue ce jour de ma religion et de recevoir la consolation des hérétiques. Vous entendrez par Bourgoing et les autres que, pour le moins, j'ai fidèlement fait protestation de ma foi, en laquelle je veux mourir. J'ai requis de vous avoir pour faire ma confession et recevoir mon sacrement, ce qui m'a été cruellement refusé, aussi bien que le transport de mon corps et le pouvoir de tester librement, ou rien écrire que par leurs mains et sous le bon plaisir de leur mattresse. Â faute de cela, je confesse la grièveté de mes péchés en général, comme j'avais délibéré de faire à vous en particulier, vous priant, au nom de Dieu, de prier et veiller cette nuit avec moi pour la satisfaction de mes péchés, et m'envoyer votre absolu* tion et pardon de toutes les offenses que je vous ai faites. J'essayerai de vous voir en leur présence, comme ils m'ont accordé du mattre d'hôtel * ; et, s'il m'est permis, devant tous, à genoux, je demanderai la bénédiction. Advisez-moi des plus propres prières pour cette nuit et pour demain matin, car le temps est court, et je n'ai loisir d'écrire; mais je vous recommanderai comme le reste, et surtout vos bénéfices vous seront assurés, et je vous recommanderai au roi. Je n'ai plus de loisir.
Paulet et Waad. Mais elle donnait un grand eiceraple de générosité en omet* tant le nom d'Elisabeth. « Teniendo su Magcstad, el dia que fuere senor àe. I ngla terra , memoria del tratamiento que le babian becbo el tesorero Ceciif conde de Leicester, secretario Walsingbam, Amyas Paulet et Waad. 9 Rcui' cion de lo que Gorion, boticario de la reyna de Escocia, ténia orden de d^ctrj Teulet, t. V.
Il faut noter qu'elle désigna particulièrement à l'attention de Philip!^ "> en même temps que Jeanne Kennedy, Élisabetb Curie et son frère G'wif^^ son ancien secrétaire. Cet acte seul prouverait, ou que les confessi<'(>' ^^ Curie, telles que nous les connaissons, n'avaient pas été lues à Fotbernifi^T) ou que Marie les considérait comme fausses.
1 André Melvil.