‹ Marie Stuart, son procès et son exécution, d'après le journal inédit de Bourgoing, son médecin; la correspondance d'Amyas Paulet, son geôlier, et autres documents nouveauxChapitre 203 sur 226 · CHAPITRE VINGT ET UNIEME. 4Si · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT ET UNIEME. 4Si

Les femmes de Tinfortunée Marie demandèrent quMI leur fût permis d'ensevelir elles-mêmes le corps de leur maîtresse et de lui rendre les derniers devoirs; de leur côté, le médecin et le chirurgien , suivant les intentions de Marie , réclamèrent son cœur à Paulet pour le porter en France. Mais tous furent brutalement repoussés de Péchafeud, et, à travers les menaces et les injures, conduits dans la chambre de la reine où ils furent gardés à vue. On ferma les portes du château, et Ton mit partout des sentinelles afin que personne ne pût sortir avant que le procès-verbal de Texécution fût rédigé. Vers une heure de raprès-midi, Henri Talbot, fils du comte de Shrev^sbury, courut à toute bride le porter à Greenwich , où Burghiey et ses collègues attendaient le dénoûment avec la plus fiévreuse impatience ^

On fit évacuer là salle ^ le sang fut lavé et efiEaicé avec le plus grand soin, de peur que, suivant la coutume du pays, quelque linge n*y fût trempé pour exciter à la vengeance les partisans de la victime*. Un incident imprévu causa une nouvelle émotion. Au moment où les exécuteurs commençaient à dépouiller d'une main avide les restes palpitants, on aperçut le petit chien favori de la reine, qui Tavait suivie sans qu'on y prit garde. Le pauvre animal, tout couvert dé sang, allait et venait

celle du comte de Kent. M. Fronde ne le cide en rien k Phelipps et k WalsÎDgbam pour altérer les pièces, à sa convenance. Plusieurs critiques Tout scavent surpris en flagrant délit de falsifications de ce genre.

1 II arriva le lendemain matin, 9 février (v. s.), à Greenwich.

£a Mort de la royne (t Ecosse, dans Jbbb, t. II, p. 641 ; Le Vray Récit de r exécution, dans Tbulbt, t. IV ; Lettre de Châteauneuf à Henri III, du 27 février 1587, dans Teulbt, t. IV, p. 172.

3 La Mort de la royne d Ecosse, dans Jedd, t. II; Le Vray Récit de texé» euiion, dans Tsulbt, t. IV, p. 161.

3 m ...Puis l'exécuteur tira les bas de chausses de la reine. Ses bas de cbaosses étaient de soie de couleur, ouvragés de fil d'or. Les jarretières étaient deux belles écharpes sans ouvrage; les souliers de maroquin découpe. ■ Le Vray Récit de V exécution, etc., Tbulet, t. IV, p. 161.

de la tète au corps en poussant des hurlements plaintif. Chassé à plusieurs reprises , il revenait sans <îesse y et Ton fut obligé de Feule ver de force \

Le billot, le bois de récha&ud , les tentures , les vêtements de Marie , tout ce qui avait reçu l'empreinte de son sang (ut brûlé par les soins de Paulet dans la cheminée de la grande salle , en présence de la foule. Il fit disparaître tous les objets qui, pour les partisans de la reine, auraient pu devenir autant de précieuses reliques, et le livre d'heures et les rosaires , tout ce qu'elle portait au moment du supplice. Il enleva aux bourreaux tous les objets sur lesquels ils avaient bit main basse, et, les congédiant, il ne laissa à ces misérables que le salaire de leur terrible besogne *•

Ce n*est pas tout. Cet homme sans entrailles eut la cruauté d'arracher aux. malheureux serviteurs de la reine défunte tous les objets qu'elle leur avait distribués pendant la nuit qui précéda sa mort. Elisabeth n'entendait pas qu'un seul des joyaux

» Le Vray Récit de Vexe'cuiion, etc., Tbulbt, t. IV, p. 163; Le JtappoH de la manière de texécution, etc., Labahoff, volume spécimen, p. 246.

^ Le Rapport de la manière de l'exécution, etc., dans Labamoff, Toltune spécimen, p. 246; La Mort de la royne d Ecosse, dans Jbdb, t. II; Le Vray Récit de V exécution, dans Teulbt, t. IV, p. 162 ; Volume complémentaire des Lettres de Marie Stuart, publié par Teulet, p. 347.

Paulet, le jour même de Texécution, écrivait à Davison une lettre de la plus impitoyable froideur, dans laquelle il ne faisait pas la moindre allusion à rhéroïque mort de sa prisonnière. Il ne l'entretenait que de détails sans importance, comme s'il eût écrit un jour ordinaire. « Désormais, loi disait-il, mes trente soldats pourront suffire à garder les seryitenrs de la défunte reine, et Ton pourra renvoyer les soldats du comté de Huntingdon. • Puis, après lui avoir annoncé que Darrell, le maître d'hôtel de Fotberingay, aurait soin de recueillir la vaisselle d'ai^ent de la reine d'Angleterre, qui s j trouvait pour le service de Marie Stuart, et autres fournitures, il lui adressait ce post'Scriptum : « Nous ne devons pas oublier de vous dire que ces comtes (Kent et Shrewsbury) ont montré une très-fidèle affection pour le service de Sa Majesté^ comme vous en serez bientôt informé par moi et Robert Beale. » The Letter^Books , etc., p. 363.

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