‹ Marie Stuart, son procès et son exécution, d'après le journal inédit de Bourgoing, son médecin; la correspondance d'Amyas Paulet, son geôlier, et autres documents nouveauxChapitre 209 sur 226 · CHAPITRE VINGT-DEUXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE VINGT-DEUXIEME

Le monument élevé par Jacques à la mémoire de sa mère témoigne, sinon de sa piété filiale, au moins de son goût pour les beaux-arts. Couchée sous un dais royal, la statue de Marie en marbre blanc, la tète appuyée sur des coussins, les pieds posés sur le lion d'Ecosse, est un curieux monument de Tart au commencement du dix-septième siècle. La tète a été copiée sur un portrait fort ressemblant, fourni, selon toute apparence, par Jacques YI. Elle est d'un caractère plein de majesté, mais le ciseau de Tartiste, ou plutôt de Thabile praticien anonyme à qni cette œuvre est due, n'a rendu qu'imparfaitement l'élégante finesse des traits et la physionomie si expressive de Marie Stuart. Dans les contours de l'ovale et du profil on retrouve pourtant des vestiges de la première beauté de la princesse. Cne légère contraction du coin des lèvres exprime un sentiment d'amertume et de fierté. Les yeux sont grands ouverts; leurs vagues regards, leurs regards de marbre, semblent perdus dans les profondeurs du ciel. L'ensemble de la physionomie est calme, reposé; on dirait que Marie est plongée dans la méditation de sa dernière veille funèbre '.

1 Cette statue, qui se troUve à Westmiaster, fut exécutée par un artiste dont le nom est resté inconnu , et probablement d'après un magnifique portrait original, que Ton attribue, sans données certaines, à Lucas de Heere, peintre flamand, et qui aurait été peint lorsque Marie était prisonnière à Lochleven (1567-1568). Ce portrait, qui est conservé actuellement cbez le comte de Morton, à Dalmaboy, a été gravé à Londres en 1818 par R. Cooper pour la Vie de Marie Stuart, de Georges Chaluers (grav. in-^*', à mi-corps, de trois quart?, à droite. — Voir la Notice sur la collection des portraits de Marie Stuart, appartenant au prince Labanoff; Saint-Pétersbourg, 1860, in-8<>). Sir Horace Walpole, fort bon juge en matière de beaux-arts, prétendait, non sans raison, que l'original de cette gravure était le portrait le plus authentique et le meilleur de Marie Stuart. Ibidem,

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