‹ Marie Stuart, son procès et son exécution, d'après le journal inédit de Bourgoing, son médecin; la correspondance d'Amyas Paulet, son geôlier, et autres documents nouveauxChapitre 25 sur 226 · CH4PITRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

CH4PITRE DEUXIEME

n'en reste aujourd'hui qu'une copie de la main d'un scribe. Elle fut expédiée le 6 juillet, et remise le même jour à Walsingham par ses espions '• » Insistons sur ce point capital. « Il est admis, dit de son c6té M. Hosack, que la copie qui fut produite au procès et qui est encore conservée, provint du cabinet de Walsingham. L'original ayant été intercepté par GifFord , ouvert par Gregory et déchiffré par Phelipps , qui peut affirmer qu'il sortit de leurs mains tel qu'il y était entré? Gifford , nous le savons, connaissait le complot contre Elisabeth; c'est à peine si nous pouvons douter qu'il en fût l'instigateur. Phelipps connaissait également la conjuration, et rien n'était plus aisé que de faire entrer dans une lettre à Marie quelques phrases à ce sujet. Les deux passages soulignés par nous ' sont les seuls dans lesquels il est fait allusion au meurtre d'Elisabeth, et l'on doit observer qu'ils sont amenés de la manière la plus brusque et la plus extraordinaire , qu'ils n'ont aucun rapport avec le reste de la lettre. « Moi-même , est-il dit dans un de ces pas-

' «J. Gautbier, t. II, p. 407. • Nous devons, dît M. Hosack, appeler l'ai* tentioD du lecteur sur certains passages de cette lettre. On a admis que les conspirateurs avaient les plus fortes raisons pour cacber k Marie le complot formé contre la vie d'Elisabeth, et cependant, non-seulement cette lettre l'en informe, mais c'est dans les termes les plus nets, sans préambule ni eiplication d'aucune sorte. C'était la première fois que Marie entendait parler da complot, et pourtant Babington parle d'expédier l'usurpatrice comme d'une chose déjà connue d'elle. Même à cette époque de sang, on ne trouve «Qcim exemple d'un projet de meurtre dévoilé d'une manière aussi explicite, ai»» peu déguisée. Si le passage est authentique, il est impossible d'expliquer ce qui l'amène; si c'est une addition, le motif est clair. C'est tout simplement pour extorquer à Marie, en lui divulguant le complot, une sorte de consentement ou d'approbation qui l^eût exposée aux peines édictées par le récent Sutut. m (Hosack, t. II, p. 350.) M. Hosack relève encore dans cette lettre d'antres contradictions, qui ne sont pas moins caractéristiques, et qui ne permettent pas de douter qu'elle ait été falsifiée par Phelipps. Non-séulement elle n'est pas véritable, mais elle n'est même pas vraisemblable dans certaines de ses parties. > HosAcx,t. II, p. 349-351.

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sages, avec dix gentilshommes et une centaine de partisans, j'entreprendrai la délivrance de Votre Majesté , et nous expé' dierons l'usurpatrice envers laquelle les excommunications nous ont délié du serment de fidélité. Six gentilshommes de mes amis privés exécuteront cette tragédie, poussés par leur zèle pour la cause de la religion catholique et par leur dévouement au service de Votre Majesté. » « Gomment cela pouvait- il se Éaire? ajoute M. Hosack , qui ne peut s'expliquer que le double rôle proposé par Babington, ou plutôt par le faussaire, puisse être exécuté simultanément. Babington n'était-il pas Tun des six gentilshommes qui devaient expédier Elisabeth? N'était-il pas leur chef reconnu? Gomment pouvait-il en même temps être occupé à Londres et à Ghartley? Gent trente milles entre les deux. Ges contradictions sont impossibles à expliquer dans le sens de la lettre telle qu'elle existe ; mais si Ton efBsice les deux passages relatifs au meurtre d'Elisabeth , elle devient aussitôt intelligible et logique ^ »

Babington manifestait dans sa lettre le projet d'aller à Lichfield , petite ville dans le voisinage de Ghartley, afin d'y attendre la réponse de la reine d'Ecosse. Pour que Marie n^eût aucun soupçon par suite des retards causés par l'envoi des lettres à Londres et par leur retour, Walsingham envoya , le 7 juillet , Phelipps et Gregory s'installer à Ghartley. Gomme s'il était certain d'avance que sa victime tomberait dans le piège, Phelipps, avant de quitter Londres, pria Walsingham de signer un billet qui assurait une récompense à Giffbrd et de préparer un warrant pour l'arrestation de Ballard*. Phelipps arriva à Ghartley le 9 juillet, apportant avec lui sans aucun doute la lettre de Babington à la reine d'Ecosse. Le même jour, Walsingham écrivit une lettre confidentielle au comte de Leicester, dans laquelle il faisait allusion, en termes très-mysté-

> Hosack, t. H, p. 352.

3 J. Gauthier, t. JI; Hosack, t. II, p. 334.

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