‹ Marie Stuart, son procès et son exécution, d'après le journal inédit de Bourgoing, son médecin; la correspondance d'Amyas Paulet, son geôlier, et autres documents nouveauxChapitre 5 sur 226 · CHAPITRE PREMIBR · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIBR

la reine d*Ecosse et de ses héritiers légitimes à la couronne d'Angleterre 9 à défaut des enfants légitimes qui pourraient naître d*Élisabeth; ratification par Marie du traité d'Édin^^ bourg; projet de traité d'alliance entre TÂngleterre et TÉcosse, auquel serviraient de garants les rois de France et d'Espagne ; amnistie accordée aux rebelles écossais par la reine d'Ecosse; châtiment immédiat des meurtriers de Damley; engagement par Marie de ne jamais recevoir Bothwell , et de demander son divorce avec lui; réintégration de la reine d'Ecosse dans tous ses droits; maintien de la religion protestante en Ecosse; ligue perpétuelle offensive et défensive entre l'Angleterre et l'Ecosse. Marie consentit à toutes ces conditions, sauf au dernier article. En même temps, dans l'espoir d'obtenir sa liberté , sa restauration, et de fortifier ses droits éventuels à la couronne d'Angleterre, elle poursuivait secrètement son projet de mariage avec le duc de Norfolk. Les États d'Ecosse ayant été convoqués à Perth (26 juillet 1569), les trois propositions suivantes leur furent soumises de la part d'Elisabeth : rendre à la reine d'Ecosse toute son autorité, ou l'associer avec son fils au pouvoir royal , ou la traiter en Ecosse comme une personne privée, en lui assignant un revenu. Les Etats, sous l'influence secrète de Moray et d'Elisabeth , rejetèrent les deux premières propositions, gardèrent le silence sur la troisième, et, pour river à tout jamais Marie à une chaîne infamante, repoussèrent le projet de divorce. Lorsqu'elle eut perdu tout espoir du côté de l'Ecosse, Marie pressa de plus en plus son mariage avec Norfiolk. Mais Elisabeth avait tout découvert par la trahison de Leicester. Dans sa fureur, elle défendit à Norfolk, sous peine de félonie, de passer outre. Il était engagé trop avant pour obéir. Afin de se mettre en sûreté, il quitta brusquement la cour, suivi de Northumberland et de Westmoreland. Elisabeth, dans sa frayeur, qui la poussa toujours aux mesures extrêmes, arracha sa prisonnière à la garde de Shrewsbury, pour la mettre sous les ordres du comte de Huntingdon, son plus mor-

tel ennemi, son compétiteur au trône d'Angleterre. C'était un homme dangereux; Marie eut peur d'être empoisonnée par lui. Elle pressa Norfolk de prendre les armes pour la délivrer. Le duc eut l'imprudence de se montrer à Londres : Elisabeth le fit jeter sur-le-champ à la Tour. Cet acte de vigueur précipita la révolte de Northumberland et de Westmoreland dans les comtés du Nord. Délivrer Marie, faire reconnaître ses droits à la couronne d'Angleterre, rétablir dans le royaume la religion catholique , tels étaient les trois desseins qu'ils $e proposaient. En £ace du danger, Elisabeth agit avec autant d'énergie que de sang-froid. Elle fit arrêter plusieurs des principaux complices de Norfolk, transférer Marie de Tutbury à Coventry, avec ordre de la mettre à mort, si l'insurrection gagnait du terrain, partir une croisière du côté des Pays-Bas pour empêcher une descente du duc d'Albe , attaquer les troupes de Northumberland et de Westmoreland par Sussex, qui les dispersa, et périr dans les supplices un grand nombre des révoltés.

Au moment où Moray offrait à Elisabeth de voler à son secours , et la priait de lui livrer sa sœur en échange de Northumberland, devenu son prisonnier, Moray tomba sous la balle vengeresse de Bothwell-Haugh , gentilhomme écossais qu'il avait dépouillé de tous ses biens. Cette mort donna aux nombreux partisans de Marie le signal d'une nouvelle prise d'armes. Bientôt la forteresse d'Edimbourg fut en leur pouvoir, et l'autorité de la reine proclamée de nouveau.

Éirsabeth, loin de céder aux vœux de l'immense majorité des seigneurs écossais, qui demandaient le rétablissement de Marie Stuart, fit, d'après les conseils de Cecil, cause commune avec les presbytériens, à la tête desquels se trouvaient les comtes de Marr et de Morton. Elle envoya en Ecosse l'agitateur Randolph pour y souffler de nouveau la discorde, et Lennox, à la tête de quelques troupes anglaises , pour y contre-balancer le parti de Marie. Cette occupation dura peu : sur la menace d'une intervention de Charles IX, Elisabeth rappela

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