OCTOBRE
La grande salle où s^étaient réunis les seigneurs pour interroger Marie était la chambre de présenee ' d'Elisabeth ; mais , depuis vingt ans , cette salle était inhabitée. C'était un vaste carré long de soixante pieds. De la chambre de Marie, on y communiquait de plain-pied par une porte simple. A Tune de ses extrémités , sous un arc à ogive qui en traversait la partie supérieure, avait été dressé le dais de la reine d'Angleterre, orné de ses armes et surmontant un siège d^apparat, emblème de sa souveraineté. Au-devant du dais et à côté du trône avait été placée, pour Marie Stuart, a une de ses chaises de velours cramoisi, avec un carreau de môme étoffe » pour les pieds*.
Des deux côtés de la salle, le long des murs, étaient disposés des bancs, sur lesquels siégeaient à droite : le lord chancelier, Bromley, le lord trésorier, Burghiey, et les comtes * ; à gauche : les barons ^ et les chevaliers du Conseil privé *.
' Le Journal de Bourgoing dit : de plaisance.
^ Journal inédit de Bourgoing.
^ Les comtes d'Oxford, de Rent, de Derby, de Worcester, de Gumberland, 4e Warwick, de Pembroke, de Lincoln et le lord vicomte MonCdgot. Howell's SUtte Trials, etc., t. I, p. 1161 à 1228, et le Journal inédit de Bourgoing,
^ Les barons Abergavenny, Zoucb, Morley, StafFord, Orey, Lumiey, Sturton, Wentworth, iMLordaunt, Saint-Jobn de filetsho, Compton et Gheiney. HowEix*8 State Trials^ etc., t. I, p. 1161 à 15^28^ et le Journal inédit de Bourgoing,
' Sir James Grofts, sir Christophe Hatton, sir Francis Walsingbam, sir Ralph Sadier et'sir Whlter Mildmay. Ibidem,
Devant les comtes étaient les deux premiers juges et le haut baron de TEchiquier; devant les barons, quatre autres juges et deux docteurs en droit civil. Des tables avaient été disposées devant eux, A une grande table, isolée au milieu et faisant £ace au dais, étaient assis les représentant» de la couronne : Popham ou Puckering, l'attomey général;. EgertOD, le solliciteur général ; Gawdy, le sergent de la reine ^ et Barker, son notaire , avec deux scribes pour dresser les pro-* cès-verbaux des débats. Les pièces du procès étaient étalées» devant eux ' .
Derrière eux se dressait une barrière pour séparer les cornmissaires de Taudiloire , relégué à l'extrémité de la salle , et qui se composait en partie de gentilshommes des environs, de gens de guerre et des valets de la suite des seigneurs '.
A neuf heures du matin, Marie fit son entrée dans la grande salle ^ contiguë à sa chambre', entre deux files de hallebar* diers. Elle avait pour costume une robe de velours noir ; dé la pointe de son bonnet de veuve tombait jusqu'à terre un long^ voile blanc, et la traîne de son manteau était portée par Renée Beauregard, une de ses filles de chambre. Privée depuis longtemps d'exercice et accablée de douleurs ie rhumatisme, elle marchait avec peine en boitant , mais la tète haute et sans rien perdre de sa taille imposante. Elle s'appuyait d'un côté sur le bras de son médecin , de l'autre sur celui de son fidèle maître d'hôtel, sir André Melvil. Elle était suivie de son chirurgien,.
^ Journal inédit de Bourgoing* ■ Un agent de Walsinghani , dit Bourgoing, lisait le français en anglais, un nommé Baiker écrivait les réponses, donnait les actes et faisait les fonctions de greffier; un autre semblait être huissier ou maître des cérémonies. » Voir auasi Howell's State Trials, etc., t. I ; Ellis^ 2* série, vol. 111, etc.
* Tttlbr, t. VIII, etc.
3 Elle ne descendit pas au rez-de-chaussée, comme Tout supposé quelqueshistoriens, la salle où elle fut interrogée étant de plain-pied avec sa chambre,, située au premier étage, au-dessus de la grande salle où elle fut eiécutée.