‹ Marie Stuart, tragedie en cinq actesChapitre 2 sur 77 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

anna,paulet.

( Deux domestiques de Paulet, traversant le fond du théâtre , emportent une cassette et des papiers ).

, ANNA. %

essez, au nom du ciel , et daignez m’écouter! son malheur encor pourriez-vous ajouter !

Quand j’ai vu sans effroi ma reine infortunée Du château de Talbot dans le vôtre amenée ,

Mon espoir vainement nous avait-il promis Une prison plus douce et des cœurs plus amis P Est-ce enfin pour servir une implacable haine ' ' Marie Stuart. „* , , x.

Que vous avez reçu la g^ie de ma reine ?

Sa fidèle nourrice embrasse vos genoux;

Ne nous ravissez pas...

paclet , la relevant.

' i ' Madame !

ANNA

Rendez-nous

Ces lettres, ces écrits, ces secrets caractères,

De ses longs déplaisirs tristes dépositaires ;

Et ce bandeau royal de fleurs de lys orné ,

Dont son front fut jadis en France couronné.

Hélas ! de ses beaux jours, de son ancienne gloire Il lui vient quelquefois rappeler la mémoire;

C’est le seul souvenir qu’elle en ait conservé :

Faut-il que par vos mains il lui soit enlevé !•

PAULET

Mon devoir est sur moi plus fort que vos prières. * J’ai des ordres, madame.

ANNA

O comble de misères!

O crime ! à voir ces murs à peine ouverts au jour, Qui croira!,- qu’une reine y fasse son séjour !

A tant de maux , grand dieu ! l aviez-vous destinée , Cette belle Marie , au berceau couronnée ,

Qui vit de son enfance adorer les désirs,

Qu’éleva Médicis au milieu des plaisirs ,

Et qui, de trois états la joie et l’espérance,

Fut reine d’Angleterre et d’Ecosse et de France.

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