‹ Marie Stuart, tragedie en cinq actesChapitre 30 sur 77 · ACTE II, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV

Le malheur à ses yeux devient de l’innocence.

Vous le dirai-je enfin avec sincérité P Dans une femme on blâme une stricte équité ;

Et l'on croit peu sur- tout quelle soit légitime. Alors qu’une autre femme en tombe la victime. -

ÉLISABETH

Peuple injuste en effet ! téméraires discours Dont il ose juger la conduite des cours î Moil d’uu jaloux dépit je poursuis donc Marie!

J’ai donc quelque sujet de lui porter envie !

Certes , quand votre voix pour sa cause combat , Quand, du milieu des fers, sous le sort qui l’abat, Elle lutte avec moi d’audace et de puissance,

Et jusques dans ma cour étend son influence.

Peut-être avec raison, jalouse de son art,

Je puis porter envie à l'heureuse Stuart. <

A surpasser les rois quand j’applique mon ame , Elle n’a point tenté d’être plus qu’une femme; Elle s’est tout permis , et n*a rien respecté Des sévères devoirs que suit la royauté:

Du monde cependant elle obtient les suffrages ; Elle séduit, on l’aime , on l’entoure d’hommages : J’entends, moi-même enfin j’ai honte à l’avouer, Mes propres courtisans devant moi la louer.

Pleine de tant d’orgueil , quel triomphe pour elle !

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