‹ Marie Stuart, tragedie en cinq actesChapitre 37 sur 77 · ACTE III, SCÈNE UI · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE UI

Mais elle va paraître, et tout est oublié.

Je ne retrouve en moi que haine, que vengeance , Que souvenirs amers de ma longue souffrance.

Tous mes doux sentiments m’échappent à-ia-fois.'

MELTIL.

Grand Dieu ! que dites-vous ? ^

MAlilE.

Melvil , je l’aperçois ;

Vainement aujourd hui ma prison s’est rouverte.

Avec cet entretien j’ai demandé ma perte.

Non, jamais, en effet, nous ne devions nous voir ; Et d’unir nos deux cœurs rien n'aura le pouvoir. Non , trop profondément cette ame fut blessée ;

J’ai trop souffert.

MELVIL

Quittez cette dure pensée.

Oubliez tous les maux que vous avez soufferts ;

Ne songez qu’à 1 instant qui peut briser vos fers. Aux mains d'Elisabeth est la toute-puissance. N’invoquez pas vos droits t invoquez sa clémence ; Votre sort , votre vie en dépend désormais.

Madame , abaissons-nous.

MARIE

Devant elle ! jamais.

melvil. 1

En entrant dans ce lieu son ame s’est émue ;

De véritables pleurs obscurcissaient sa vue.

MARIE

Elle vient , et Burleigh sans doute vient aussi !

MELVIL.'

Le comte Leicester seul l’accompagne ici.

Leicester l’accompagne !

MEIVIL.

' { ,Ou plutôt il l’amène.

MARIE

Ah ! je le savais bien !

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