ACTE III, SCÈNE UI
Mais elle va paraître, et tout est oublié.
Je ne retrouve en moi que haine, que vengeance , Que souvenirs amers de ma longue souffrance.
Tous mes doux sentiments m’échappent à-ia-fois.'
MELTIL.
Grand Dieu ! que dites-vous ? ^
MAlilE.
Melvil , je l’aperçois ;
Vainement aujourd hui ma prison s’est rouverte.
Avec cet entretien j’ai demandé ma perte.
Non, jamais, en effet, nous ne devions nous voir ; Et d’unir nos deux cœurs rien n'aura le pouvoir. Non , trop profondément cette ame fut blessée ;
J’ai trop souffert.
MELVIL
Quittez cette dure pensée.
Oubliez tous les maux que vous avez soufferts ;
Ne songez qu’à 1 instant qui peut briser vos fers. Aux mains d'Elisabeth est la toute-puissance. N’invoquez pas vos droits t invoquez sa clémence ; Votre sort , votre vie en dépend désormais.
Madame , abaissons-nous.
MARIE
Devant elle ! jamais.
melvil. 1
En entrant dans ce lieu son ame s’est émue ;
De véritables pleurs obscurcissaient sa vue.
MARIE
Elle vient , et Burleigh sans doute vient aussi !
MELVIL.'
Le comte Leicester seul l’accompagne ici.
Leicester l’accompagne !
MEIVIL.
' { ,Ou plutôt il l’amène.
MARIE
Ah ! je le savais bien !