SCÈNE. V
' MARIE, ANNA
ANNA
Qu’avez-vous fait, princesse malheureuse ?
Vous l’avez outragée. Elle sort furieuse ;
Tout chemin de salut est désormais fermé.
MARIE
Elle emporte en fuyant le trait envenimé.
Ah! je triomphe. Enfin , après tant de souffrance , J’ai pu , j’ai pu jouir d’un instant de vengeance.
' AG.TE iri, SCENE VI. 65
Combien elle était douce à ce cœur outragé !
, De quel pesant fardeau je le sens soulagé ! •>
J’ai porté le poignard au cœur de ma rivale.
À If N A.
O malheureux transport ï ô victoire fatale !
Elle est reine, et peut tout dan# son ressentiment. Vous l’avez outragée aux yeux de son amant.
Oui , devant Leicester. fl doublait mon courage.
Je lisais mon triomphe écrit sur son visage.
Oui, quand j’humiliais des charmes orgueilleux, Leicester était là : j’étais reine à ses yeux.
ANNA
Que faites-vous ! On vient. C’est Burleigh qui s’avance. Venez, rentrons, madame.
PAULET, BURLEIGH; DEUX DOMESTIQUES DE PaULET.
, BURLEIGH. W
Une telle arrogance!
Devant ma souveraine ! ô démence ! ô fureur ! Rendez , rendez son sort à toute sa rigueur.
Dans la .tour aussitôt qu’ejle soit renfermée.
J’ai lieu de soupçonner quelque embûche tramée. Venez, et dans mes mains remettez ces écrits Ce matin à Stuart par mes ordres surpris ; •
D’un œil fidèle et sûr , que de nouveau, sur l’heure,
Dioitized
Mortimer avec vous visite sa demeure,)
Craignez que vos regards lie se laissent tromper,
Et que le moindre écrit ne leur puisse échapper ;
Je puis , d’un grand projet y trouver quelqu’indice. On trompe Élisabeth; on séduit sa justice;
Quelque piège inconfiu semble l’environner.
Ah ! malheur à celui que j’ose en soupçonner ; Malheur au courtisan dont le conseil perfide L’aurait conduite ici dans un piège homicide. Peut-être à l’Écossaise il prête son appui;
Peut-être il ose plus C’en serait fait de lui.
Allons, et puissions-nous , perçant ce noir mystère, Punir un double crime , et sauver l’Angleterre.