SCENE PREMIÈRE
LEICESTER, B.ÜRLEIGH.
, LEICESTER, , f ' „
JK h î que prétendez-'vous , milord ! Dans le moment Où la réine est en proie à son ressentiment , Allez-vous à sa main présenter la sentence? Avez-vous d’un tel coup bien pesé l’importance?
Et ne craignez-vous pas qu’il ne semble porté- Par le ressentiment plus que par l’équité ?
, E U R I. li 1 G H. x . * .
Sans doute Leicester doit tenir ce langage :
Mais je dois à mon tour poursuivre mon ouvrage.
Je connais mon devoir : heureux qui suit le sien ! Heureux qui dans son cœur ne se reproche rien.
LEICESTER
•Vt
J’ignore si ces mots cachent un sens perfide ; L’intérêt de la reine est le seul qui ine 'guide. *
BURLEIGH
Comme il me guide aussi, vous souffrirez du moins Qu’à ce grand intérêt j’applique tous mes 'soins.
LEICESTER. '
Sa gloire et son salut sollicitent mon zèle.
Elle le croit encore, et je lai cru comme elle.
LEICESTER
A voir tle lord Burleigh l’air sombre et soucieux,
A ses discours obscurs, discrets, sentencieux,
Ne semblerait-il pas que sa prudence austère A découvert içi quelque important mystère, Quelque attentat secret, quelque complot caché,
Oit du royaume anglais. le sort est attaché ?
^ , BURLEIGH
Peut-être.
LEICESTER
Quoi , mikml ! et que voulez-vous Sire ?
BURLEIGH
Princesse infortunée , où Posait-il conduire ?
Crédule , et sans soupçon té livrant à sa foi ,
Avec quelle impudeur il se jouait de toi !
Je comprends maintenant toute votre éloquence,
Et pourquoi vos discours penchaient à la clémence.
Marie j à vous en croire , était à dédaigner; v
Ennemie impuissante, on devait lépargner;
C’était le vœu de tous, l'intérêt de la reine.
Malheureux, suivez-moi devant ma souveraine; ' Venez, si vous l’osez.... , t ’
BURLEIGH. W 1
J’y précède vqs pas ,
Et tout votre ascendant ne vous sauvera pas. t *
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