‹ Marie Stuart, tragedie en cinq actesChapitre 46 sur 77 · SCENE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIÈRE

LEICESTER, B.ÜRLEIGH.

, LEICESTER, , f ' „

JK h î que prétendez-'vous , milord ! Dans le moment Où la réine est en proie à son ressentiment , Allez-vous à sa main présenter la sentence? Avez-vous d’un tel coup bien pesé l’importance?

Et ne craignez-vous pas qu’il ne semble porté- Par le ressentiment plus que par l’équité ?

, E U R I. li 1 G H. x . * .

Sans doute Leicester doit tenir ce langage :

Mais je dois à mon tour poursuivre mon ouvrage.

Je connais mon devoir : heureux qui suit le sien ! Heureux qui dans son cœur ne se reproche rien.

LEICESTER

•Vt

J’ignore si ces mots cachent un sens perfide ; L’intérêt de la reine est le seul qui ine 'guide. *

BURLEIGH

Comme il me guide aussi, vous souffrirez du moins Qu’à ce grand intérêt j’applique tous mes 'soins.

LEICESTER. '

Sa gloire et son salut sollicitent mon zèle.

Elle le croit encore, et je lai cru comme elle.

LEICESTER

A voir tle lord Burleigh l’air sombre et soucieux,

A ses discours obscurs, discrets, sentencieux,

Ne semblerait-il pas que sa prudence austère A découvert içi quelque important mystère, Quelque attentat secret, quelque complot caché,

Oit du royaume anglais. le sort est attaché ?

^ , BURLEIGH

Peut-être.

LEICESTER

Quoi , mikml ! et que voulez-vous Sire ?

BURLEIGH

Princesse infortunée , où Posait-il conduire ?

Crédule , et sans soupçon té livrant à sa foi ,

Avec quelle impudeur il se jouait de toi !

Je comprends maintenant toute votre éloquence,

Et pourquoi vos discours penchaient à la clémence.

Marie j à vous en croire , était à dédaigner; v

Ennemie impuissante, on devait lépargner;

C’était le vœu de tous, l'intérêt de la reine.

Malheureux, suivez-moi devant ma souveraine; ' Venez, si vous l’osez.... , t ’

BURLEIGH. W 1

J’y précède vqs pas ,

Et tout votre ascendant ne vous sauvera pas. t *

4 GTE IV, SCÈNE III. 6g

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