‹ Marie Stuart, tragedie en cinq actesChapitre 59 sur 77 · ACTE IV, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VII

Vous aimez votre peuple P il faut nous le prouver.

Vous parlez de repos ? songez-vous bien au vôtre, Avant que d'affermir , d éterniser le nôtre ?

Pensez à tout un peuple à qui vous vous devez ,

Qui n’a plus de bonheur qu autant que vous vivez. Ramenés par Marie au temps de nos ancêtres , Verrons-nous revenir la puissance des prêtres ?

Un légat viendra-t-il , nous apportant ses lois ,

Fermer nos temples saints et détrôner nos rois? ' Madame , pesez bien ce que vous allez faire.

J e vous en rends comptable à toute l’Angleterre ; Responsable à Dieu même. Au nom de l’équité , Montrez moins de faiblesse et plus d’humanité ;

Prenez pitié du peuple, et non d’une perfide j Soyez un roi , non pas une femme timide ;

Tranchez egfin le cours de tant de factions ,

Ce cdmhat renaissant des deux religions , <

Ces trames , ces complots , cette lutte éternelle Que Marie , en vivant , sans cesse renouvelle ;

Et de tant dç dangers préservez à-la-fois Vous , la religion , la patrie et les lois.

■j.* t ÉLisjjlÿ’rsT.

Un moment crr ce lieu qu’on me laisse à moi-meme. Maintenant j’en réfère à ce juge suprême ,

Que les doutes humains ne sauraient égarer.

C’est lui seul désormais qui peut nous éclairer. Eloignez-vous, milords. 1 • - ,

( Les lords sc retirent au fond du théâtre . Leicester et Melvil , en s’éloignant , regardent la reine avec inquiétude et comme sans espérance.)

Page 1