‹ Marie Stuart, tragedie en cinq actesChapitre 70 sur 77 · ACTE V, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE III

Soyez joyeux plutôt de voir briser mes fers :

La prison disparaît et les cieux sont ouverts.

Dans cet affreux séjour , quand une femme altière M’accablait de mépris, d’opprobres, de misère,

Que si long-temps encor je pouvais l’endurer , C’était, c’était alors qu’il fallait me pleurer.

La bienfaisante mort, du doux pardon suivie, Répare en un moment les fautes de ma vie:

L’être faible, abattu sous le fardeau du sort.

Est, à son dernier jour relevé par la mort.

L’espoir rentre en mon ame, et l’orgueil qu’il me donne Sur ma tête aujourd’hui replace ma couronne.

( Elle fait quelques pas et aperçoit Melvil. )

Quoi ! Melvil ! vous ici ! consolante amitié !

Mon malheur n'a donc point lassé votre pitié! Chevalier, levez-vous! D’un serviteur que j’aime La présence m’est douce à cette heure suprême ;

Et je rends grâce à Dieu, puisqu’il permet du moins Que mon dernier moment ait vos yeux pour témoins , Et que, prête à mourir, j’éprouve l’assistance D’un ami dont le cœur partage ma croyance.

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