ME I. VIL
Madame , cet espoir ne m’a jamais quitté.
Dieu me devait, pour prix de ma fidélité,
De vous servir encore à votre dernière heure.
MARIE
Ah ! loin de tous les miens lorsqu’il faut que je meure , A mes parents du moins vous porterez mes vœux , Mon dernier souvenir, et mes derniers adieux.
Je remets en vos mains cette douce espérance.
Je bénis le monarque et la maison de Fiance ,
Mon oncle de Lorraine , et Guise-, notre espoir.
Et tant d’autres amis que je ne dois plus voir.
Tousi ils sax>nt nommés dans l’écrit que je laisse. /*•-- Quelque faible présent que mon cœur leur adresse,. ~ J’espère que leurs cœurs, m’en payant le retour;
Ne mépriseront pas ces dons de mon amour.
MltTt !.. '
Vos vœux seront remplis. s
s • • MARIE. ' : 4 • "f"
J’en reçois f assurance.' ‘ >
( se tournant 'tiers ses serviteurs. )
J’ai pour vous , de ma main , écrit au roi de France;
J’ai sur vous appellé son auguste seeours ;
Dans cette autre patrie allez passer vos jours ; Transportez vôs 'destins dans' cette heureuse terre , . •
Et pour jamais , sur-tout , fuyez de l’Angleterre.
Je ne veux pas qu’un jour le Breton orgueilleux Du triste état des miens réjouisse ses veux ,
Et qué , me poursuivant au-delà dé ma vie ,
Il prodigue l’outrage à ceux qui m’ont servie.
Jurez-moi , si mes vœuX* ne Sont pas superflus,
Que vous fuirez ces bords, qùand je n’y serai plus.
XELVI L.
Nous vous le promettons.
( Tous avancent la maitt en signe de serment. )
MARIE-
' x ■ De mon triste héritage ;
-lai moi-ittêrtie entre vous fait un égal partage.
{ Se rapprochant dAnna. )