Barbier, jauvier
AMJ'AGNIÎ DE KRÉIILIIIC ES
qui, dans les relations politiques connue duts la vie privée, est plus mortel pour l'amitié qu'une querelle ouverte. On se séparait sans colère, mais sans regret, sans désir de se revoir, uniquement parce qu'on avait cessé uY compter sur l'appui et la fidélité mutuels. Et, a le bien prendre, celte indifférence, qui accueillait en France la (in d'une alliance uaguore si avidement recherchée, n 'était-elle pas elleiih-iiH' l'indice que, par suite de l'élévation soudaine de la Prusse, une altération profonde s'était opérée dans les rapports des grands Ktals de l'Europe et dans les conditions de leur équilibre ?
N'y avait-il pus là comme une aperceplioii confuse de ce l'ait, qu'en face d'une grandeur nouvelle, le rôle de l'ancienne politique était terminé '.' L'alliance de la Prusse avait eu pour nous son utilité et son prix tant que l'Autriche, exerçant sur l'Allemagne une domination souveraine, faisait peser sur uotre frontière du nord la menace d'une force prépondérante.
Mais, en face de L'Autriche affaiblie etde l'Allemagne divisée désormais entre deux puissances
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en état de se tenir tète l'une à l'autre, l'intérêt avait dispara avec le danger. Rien ne noos appelait plus à prendre part à cette lutte de deux ambitions rivales, et, si nous étions encore un jour amenés à y intervenir, ce devait être plutôt pour tenir entre elles la balance égale, et empêcher la plus jeune, la \>his audacieuse, en écrasant l'autre, de s'élever à son tour à une grandeur inquiétante. A ce point de vue de
notre sécurité future, la Prusse victorieuse, aux mains d'un grand homme, était déjà peut-être plus à craindre que l'Autriche humiliée. Étaitce là ce que sentait vaguement l'esprit public? Était-ce ce nuage chargé de la foudre qui apparaissait dans le lointain ? C'est possible : Tinstinct populaire voit souvent plus loin et plus juste que les hommes d'Etat de profession, dont les regards sont arrêtés par une barrière de traditions et de préjugés.
Mais si le changement survenu dans les relations mutuelles des Etats de l'Europe centrale était plutôt entrevu que compris à Paris, à Vienne et à Berlin, au contraire, où régnaient de vrais politiques, le fait était plus nettement
ke ne nu: ni-: un.
nu, et, di' pari et d'autre, on se préparait e comporter eu conséquence. Pour Frédéric, ait parti pria et chose faite. Le rôle que le ailé de Weslphalie avait assigné à la Prusse, urne ;'t toules les puissances secon liai res allemandes, — celui de client de la France défendu par elle contre la prépondérance de l'Autriche, — n'avait jamais été, nous l'avons vu, accepté par lui qu'à regret, el il ne s'y était prêté qu'en frémissant. Sou altitude envers Louis XV n'avait pas cessé d'être celle d'un pupille insolent et indocile, qui se rit. à sa barbe, d'un tuteur débile et vieilli. Mais, devenu cette fois tout a fait majeur, il avait résolu de secouer même l'apparence de l'amitié et de la protection françaises. Une double expérience venait de lui apprendre que l'appui de nos armes ne lui donnait qu'une aide imparfaite et compromettante, en faisant peser sur sa tête la responsaliilile des maux de l'invasion étrangère. Il avait vu ivec quel art Marîe-Thérese savait, dans ses proclamations el ses manifestes, émouvoir In libre nationale en excitant contre lui toutes les susceptibilités de l'orgueil tudesque. Il venait
d'entendre retentir à ses oreilles des refrains patriotiques en rhomieur de l'Autriche contre les alliés de l'étranger. C'est un avantage qu'il ne voulait plus laisser à sa rivale. D'ailleurs, au
point de grandeur où il était parvenu, il ne s'agissait plus seulement pour lui de résister à l'Autriche, mais de la remplacer. S'affranchir de sa domination, c'était peu; l'égaler même n'était pas assez : il se sentait désormais en mesure de lui disputer la prééminence. Il avait dû laisser, sans trop de regret, à Marie-Thérèse, l'héritage de la dignité impériale, voyant bien qu'au fond le saint-empire romain n'était plus qu'un édifice vermoulu, devant lequel même ne s'inclinait qu'à regret, depuis Luther, plus de la moitié du corps germanique. Mais, pour achever de détourner les yeux des populations de cette décoration vaine et de ce simulacre sans vie, il fallait leur apprendre à chercher à Berlin la vraie capitale, et, dans la dynastie dont le roi de Prusse était le chef, l'espoir de la patrie allemande.
Seulement, si l'on voulait se présenter à l'Allemagne sous cet aspect patriotique, la pre-
CAMPAGNE DB FBEOtfUC EN SAXE. J99 oiôre condition (Hait de cesser à tout prix d'être suspect delà moindre connivence pour ce qu'un appelait déjà alors, et ce qu'on appelle encore aujourd'hui au delà du Rhin, l'ambition française. Que si, donc, pour maintenir le degré de gloire et de puissance qu'il avait acquis, de nouvelles lattes étaient imposées au vainqueur de Friedherg et de Sohr, et qu'un auxiliaire dût encore être cherché au dehors, ce ne sérail point aux armées françaises qu'il irait le demander. Leur présence importune avait trop fatigué leurs hôtes. La protestante Angleterre, rapprochée de lui par des sympathies de religion, d'origine et de parenté, pouvait lui fournir le secours beaucoup moins onéreux de sa marine et de ses subsides. L'alliance de ta l'russe et de l'Angleterre, telle que l'avait inaugurée, ù l'insn et au détriment de la France, la convention de Hanovre, allait ainsi devenir le pivot des futures combinaisons diplomatiques de Frédéric, et si ce récit doit être continué, ce sera du côté de Londres, en effet, qu'on le verra tourner sa pensée, et orienter dans cette direction nouvelle le vaisseau pavoisé par
400 MARlE-THÉRèSB IMPÉRATRICE.
la victoire dont il tenait en main le gouvernail.
Au même moment, une révolution inverse s'opérait dans l'esprit de Marie-Thérèse* L'annonce imprévue de cette. môme convention de Hanovre, unissant dans une intimité occulte la Prusse et l'Angleterre, l'avait brusquement poussée (avec quelle ardeur nous l'avons vu) dans la voie d'un rapprochement avec la France. On aurait tort de croire que ce fut là seulement un effet passager de l'irritation et de la surprise, ou un accès de capricieuse impatience. C'était la particularité de ce caractère de Marie-Thérèse, auquel aucun autre en vérité ne ressemble dans l'histoire, de réunir des qualités qui, étant ordinairement l'apanage de sexes différents, peuvent paraître incompatibles. Dans le cas présent, la vivacité, la clairvoyance propres h la jalousie féminine, vinrent chez elle en aide à la pensée virile et réfléchie d'un esprit vraiment politique. L'ambition prussienne, soutenue, appuyée par l'Angleterre, ce fut pour elle un trait de lumière : elle se vit en présence d'un danger menaçant son empiré
KPA8BE I"- ''i ;l -
sa race, auquel nul autre lie pouvait être comparé. Frédéric maître de la Silésie, c'était L'ennemi attacha a bcs lianes, et pouvant à toute heure porter le fer dans son sein.
'..'n'était-ce alors, auprès de eette inimitié intime et domestique, que la rivalité surannée lies maisons de France et de Habsbourg! Avec la France, on se battait à distance depuis des siècles pour un degré plus ou moins étendu de pouvoir et d'influence; avec la Prusse, c'était un combat corps à corps, pour le fond même de la dignité et de l'existence, cl dans ce duel, dont le centre de l'Allemagne serait le théâtre, l'Angleterre, qui déjà s'éloignait, ne pouvait plus être d'aucun secours à son ancienne alliée. De là cette main tout de suite lendue vers la France, et qui, si elle ne fut pas saisie alors, ne devait plus être retirée. Chose étrange et presque inouïe, pendant trois années encore, les troupes autrichiennes et françaises devaient se rencontrer, cl en venir aux mains avec des succès inégaux sur les champs de bataille des Pays-Bas et de l'Italie; et malgré colle hostilité continue, pas un seul jour celle pensée
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d'une réconciliation avec la France ne sortit de l'esprit de l'héritière de Charles-Quint. En paix, comme en guerre, ce fut le dessein auquel elle travailla sans relâche, jusqu'à ce qu'enfin, après dix ans d'efforts, par le fameux traité de Versailles de 1756, elle réussit à le réaliser.
Je ne connais rien qui démontre mieux combien est vrai dans le monde moral et politique, plus encore que dans le monde matériel, l'axiome de l'ancienne école : Nil natura per saltum. Lorsque pour là première fois parut au jour ce traité de 1756, objet de tant de controverses, qui mit sur la même ligne de combat les drapeaux de France et d'Autriche, que n'at-on pas pensé de ce rapprochement imprévu!
Quel coup de théâlre ! quelle surprise chez les contemporains! et, depuis lors, que de commentaires chez les historiens! À quels futiles incidents ne s'est-on pas plu à attribuer cette mémorable révolution diplomatique et militaire? Que de puériles anecdolcs! C'est tantôt un billet flalteur de Marie-Thérèse à la marquise de Pompadour, lantôt une plaisanterie
UL FltliDKKIi
île Frédéric sur les amours de Louis XV, qui a, dit-on, déterminé la France h abandonner sa politique traditionnelle. Et voilà, s'écrient avec une condoléance véritable ou affectée les historiens français salariés par Frédéric ou aveuglés par une sotte admiration pour lui, à quoi tiennent les destinées des empires et ce qui fait verser le sang des peuples! Erreur ou mensonge. Le résultat qui éclata alors était préparé de longue dalo, c! ce n'était pas seulement la France, c'étaient tous les acteurs du drame européen, Autriche, Prusse, Angleterre, qui, avant de reparaître sur la scène, avaient changé, dans les coulisses, de costume, pour être prêts à changer de rôle. Ils obéissaient tous, avec plus ou moins d'hésitation, ceux-ci par calcul, ceux-là par instinct, à une nécessité de situation à peu prés irrésistible. En réalité, l'avènement d'une grande puissance armée dans les plaines du Itrandebourg ne pouvait manquer d'altérer tout l'ancien système fédéralif de l'Europe, de même que, si (pour faire une supposition chimérique) une nouvelle planète venait à apparaître dans l'espace, tout l'ordre
toi MARIE-THÉRÈSE IMPÉRATRICE.
du système solaire, décrit par Copernic et Newton, en serait nécessairement troublé.
. Â ce point de vue, la convention de Hanovre et la négociation infructueuse entamée k Dresde, ces deux faits, l'un trop négligé, Tau- Ire resté inconnu jusqu'à nos jours, jettent une vive lumière sur la suite des événements dont nous subissons encore, même aujourd'hui, lu conséquence. I) est certain que, si Vaulgrenant et d'Harrach étaient sortis la main dans la main de leur dernier entretien, la guerre de la succession d'Autriche se serait terminée dans des conditions analogues à celles où s'est engagée la guerre de Sept ans. Seulement, il est permis de penser que, les circonstances élant différentes, le succès final Teùt été également.
En 1745, les Pays-Bas, qu'une paix précipitée ne devait pas tarder à rendre à l'Autriche, étaient conquis presque en entier; en nous en abandonnant une parlie, Marie-Thérèse ne faisait que consacrer le résultat glorieusement conquis par les vicloires de Maurice de Saxe, et le prix de notre alliance se
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trouvait ainsi d'avance acquitté par elle, le jour infime (lu contrai. On no voit pas qui aurait on le droit de disputer à la France un avanlago aussi légitimement obtenu. Ou voit encore moins qui, à celte heure, en aurait eu la force : ce n'était point, assurément, l'Angleterre, avec Charles-Fdouunl aux portes do Londres, et sa royauté tremblante, qui rappelait précipitamment Ions ses soldats du continent. Serait-ce Frédéric avec ses armées épuisées et son trésor a sec? On peut en douter.
S'il l'eût tenté cependant, s'il eût passé, dans ses rapports avec la France, d'une neutralité malveillante à une hostilité directe, il aurait trouvé à qui parler, il n'aurail pas eu affaire, comme dix ans plus tard, à des Soubisc et a des Clermoul. Maurice était vivant, et n'aurail pas conduit nos armées aux désastres de Roshach et de Minden.
Je persiste donc à penser qu'il y eut pour la France, à ce moment critique, une occasion singulièrement favorable et déplorablemenl tordue, que n'auraïeul laissée échapper ni le
■ABIE-TBÉBéSE ]*fÉBAT*]CE.
conp d œil d'aigle de Richelieu, ni l'adresse de Maiarin, ni la vigilance royale de Louis XIV. Mais Richelieu, Haxarin et Louis XIV étaient dans la tombe, et leur génie, enseveli avec : 9 ne devait plus revivre.
FIK tC.TOII SKCOHD
Voir page lid.)
C'est sans doute à cette altitude de Belle-Isle, devenu subitement favorable à l'idée d'entrer en négociation avec l'Autriche, en abandonnant la Prusse, que répond la lettre ci-joinle de d'Argenson, trouvée dans les papiers du ministère de la guerre. Je n'ai pu en déterminer la date exacte. Le lecleur y verra la preuve des étranges illusions auxquelles élait livré d'Argenson. Il est clair, »»n effet, que ce ministre se persuadait que l'Autriche persisterait jusqu'au bout à refuser son adhésion à la convention de Hanovre et se trouverait par là séparée des puissances maritimes. L'effet devait être, au contraire, de concentrer contre la France toutes les forces réunies de la coalition austro-anglaise.
ministère de la gierkk. — Correspondances diverses.
Le marquis d'Argenson au maréchal de Belle-Isle.
J'ai reçu, monsieur, votre lettre du 5, et j'en ai fait l'usage qu'elle méritait. Je dois taire avec raison ce qui me regarde, et je redoute les éloges de vous plus
408 àppbkdice.
de tout antre, parte que je connais Yotre sincérité, et qne les amis que tous avei toujours conservés font Fange de votre cmnr el de l'amitié même que Ton croyait bannie de ce temps-ci. Je ne pois cependant me croire la moindre capacité dans les affaires, où j'ai encore si peu d'acquis et où j'ai si peu de succès jusqu'à cotte heure. En récompense, je suis assez enlêlé,et après avoir défendu le roi de Prusse, je passe condamnation sur sa personne; je ne retrancherai encore (rien) sur l'action qu'il vient de faire et qui est suffisamment prouvée; je dirai que la question se réduit à savoir si «ne négociation de paix hasardée avec la reine de Hongrie promet aujourd'hui assex de réussite pour la risquer contre les inconvénients de la manquer. Ces inconvénients sont r !• de nous montrer à découvert à notre ennemi; *• de risquer la défiance qu'elle sèmerait parmi nos •Vis; 3* et (voici le plus fort) d'excéder le roi de Prusse, qui passerait par là (et contre des alliés qu'il trouverait ingrats) de la neutralité à l'offensive, et fournirait cinquante mille hommes contre nous; 4° que si on le pressait par là, il rendrait des portions de la Silésie, et tout ce qui renlre à la masse de l'Aulri he est autant de dommage contre nous.
Laissons-le faire : il restera neutre : il trompera la reine de Hongrie comme il trompe tout le monde : il continuera à l'inquiéter jusqu'à la paix générale, el c'est son intérêt ; il l'obligera à tenir toujours une armée autour de la Silésie. Notre situation est bonne : notre supériorité est décidée : nous demandons, d'où je conclus que nous n'obtiendrons la paix que par une supériorité décidée, comme aux bons temps du règne de Louis XIV. L'entêtement que Sa Majesté Britannique vient de prendre contre la reine de Hongrie et en faveur
du roi de Prusse augmente encore celle supériorité : les puissances maritimes refusent tous deniers aux cours de Vienne et de Dresde. Si cela dure, la reine de Hongrie est aux abois. Sans l'argent des puissances maritimes, elle perd toute considération dans l'Empire; et, déjà, il y parait beaucoup. Si elle accepte le traité de Hanovre, elle est suivie de toute la Silésie, et, le roi de Prusse reste neutre. Nous pouvons conserver son alliance par intérêt, ou du moins une certaine intelligence qui l'empêche de nous nuire et qui nous servira à bien des choses. La révolte d'Ecosse peut se soutenir ; nos conquêtes d'Italie sont appuyées solidement. Continuons à montrer de la vigueur, mais avec sagesse, dans les différents théâtres de la guerre que nous occupons; que chaque mois, même en hiver, il paraisse quelque entreprise qui, quoique de peu de chose en elle-même, fera sentir que nous n'abandonnons pas et que nos menaces ne sont pas vaines. Profilons du discrédit que la cour de Vienne commence à prendre en Allemagne; formonsy des alliances secrètes ; donnons-y quelques subsides : que toutes nos démarches soient sages et modérées. N'abusons pas de notre supériorité, mais usons-en et ne la perdons pas, en mendiant le pain comme des vaincus. Voilà ma pensée, cl avec, cela nous sèmerons la discorde et nous aurons la paix. Si ce système vous plaisait autant qu'à moi, personne ne le perfectionnerait mieux que vous.
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(Voir page ?tt.)
Les négociations engagées entre la France et l'Autriche à cette époque critique sont un fait si peu connu et si important pour l'histoire que je crois utile de mettre sous les yeux du lecteur les deux pièces ci-jointes qui attesteut à quel point ces négociations furent sérieuses et l'exactitude du récit que j'en ai fait.
ministère dks AFFAIRES ÉTRANGÈRES. — Correspondance
de Saxe.
Le marquis de Yaulgrcnant au marquis d'Argenson.
A Dresde, 15 décembre 1745.
Le comte d'Harrach est arrivé ici, au moment même de la perle de la bataille. La circonstance ne pouvait se trouver plus contraire pour la négociation, puisque la Saxe élaiât encore obligée de céder à la reine de Hongrie ne peut guère se dispenser de suivre son exemple, et que d'ailleurs ce ministre exposé dans Dresde s'est trouvé forcé de retourner sans perte de temps à Prague. Il est cependant venu chez moi cette nuit, accompagné
du sieur Saul, et après quelque propos sur levéïi" ni
du jour tendant â établir la pr.'«s:uil'' ik< i--ilé pour la ■ ■-■jr- -l-" Vienne de l'accommoder awe la i"i de Praut, tandis qu'elle aurai I penche* de préférence I **aOCOBjmC~ der avec le roi, il me dit que, fondé néuu moins mit seinstructions el ses pouvoirs, il prendrai I sur lui do s'expliquer et de conclure avec moi dans le momenl, si nous nous niellions d'accord sur lei eonditioat. Notre conférence n'a pu lira longue parce qu'il AUii pr>'->. L de partir. Il ma offert, pnur l'établissement de l'Infant, d'abord la SaTOie. comme ce qui sérail moins ■>.;■ i .. troubles et discussions pour l'avenir. Ensuite roeani mie cela ne prenait pas, il l'eal retourné sur le Pirtoes.in, le Piaantin et l'expectative du duché Je Cuastaila. EbQd il a joint à celle dernière oiïre pour ultimatum la pariie du Pavesan telle qu'elle a été cédée au roi de Sardaigne par le traité de Wwms, rejetant absolument la cession du Torlonais et de l'Alexandrin et ne laissant meirie eotendre h aucun équivalent h la gauche du Pu pour le désistement du celte dernière province, qu'à fa vérité jt ne lui ai fait ""■■■ oot> que faiblement. Quant n la Flandre, il a offert Vprea el Fume, avec l'indrpendaooe il" l'abbaye de Saint-Hubert, et y a joint de lui-
ni" 1 Beaun I, Chimay el tu suppression des but-eaux,
se tenant très ferme surTournay, et Kieuport et le refus tirs garnisons françaises danaOstende : mais ne medèetal'tnt }xts ton ultimatum sur tet article aussi positivement qu'il i niait de faire sur celui de C Italie.
Viuis teniez, monseigueur, quesurae telles proposition* „ .n, n'avait) pu convenu d, ,t.tt et encore moini conoiwe.
Il m'a quitté e nssuranl de son regret de voir notre
négociation rompue, et la conclusion de celle avec le roi de Prusse, aussi pressante que nécessaire. L'inai-
ion des Uethién auxquelles j'aurais pu me prêter
'» peinl Sfrtb- : il ne m'a mriq» témoie/né uni'uu
ur de savoir « quoi rlles imÉImM, Je loi ai dit
*, comme celle affaire était la seule qui m'avait
■a ici, je le priais de me procurer des pasu-port* do
toor pour U fkrttï de mon retour en France. 1! ni
Ondu <[<ir ili-i qu'il serait eu lieu «V pouvoir If (aire,
J rpf «arai l — c o niri ex à Tienne pour les demander
«a m perdrait pas un moment à les envoyer. 3e M
i pas devoir m'attendra que sur celle demande et
. sur lexpoêliou de ce qui s*esl passé entre ness
t sa l'étal des c h oses relativement en roi de
•*sse, la reine de Hongrie se ravisant donne à ce
astre de nouveaux ordres pour reprendre et conclure
re négoeialion : mais en ce cas je serais encore à por-
el je ne laidetaia pas à en Aire instruit. Le comte
a nemch m'a perlé comme si se cour avait eu main de
quoi me prouver que le roi de Prusse aurait offert de
fournir des troupes contre nous. L'idée de ta reine de
Hongrie, en m'envoyanlle comte d'Harrach, avait-elle été
de me faire sonder par son ministre pour prendre ma
dernière résolution sur son rapport? Kn ce cas, je me
suis tenu Terme sur mes propositions, laissant seulement
entrevoir quelques facilités. J'ai parlé avec franchise sans
marquer ni trop de désir ni trop d'éloignement, et, par
la façon dont je me suis expliqué, je crois n'avoir rien
dil ni de trop ni de trop peu.
Le comte d'Wtrrach au marquis de Vattlgrcnant.
hrradï, 19 •lécrmbn IMS
Monsieur, j'i'i l'honneur de ci-joindre à Votre Evel-
lencc le passeport que je viens de recevoir en ce moment la suppliant de ne pas oublier le nom de d'Harcourt à Paris et de Keltein à Bruxelles. Peut-être que par leur caual nous atteindrons le but que j'ai si malheureusement manqué ici ; elle connaît la pureté de mes sentiments autant que je connais celle des siens, ce qui me fait espérer qn'à la fin des fins l'avantage que j'ai eu de le trouver ici ne restera pas sans fruit.