‹ Marie Tudor; La EsmeraldaChapitre 77 sur 88 · JUSTICE · texte numérisé non relu

JUSTICE

CHOEUR

A Notre-Dame

Venez tous voir

La jeune femme

Qui meurt ce soir!

Cette bohémienne A poignardé, je croi, Un archer capitaine.

Le plus beau qu'ait le roi !

Eh quoi ! si belle

Et si cruelle!

Entendez-vous?

Comment y croire?

L*âme si noire

Et l'œil si doux!

C'est une chose affreuse!

Ce que c'est que de nous!

La pauvre malheureuse!

Venez, accourez tous !

A Notre-Dame

Venez tous voir

La jeune femme

Qui meurt ce soir!

La foule grouit Rameur. Un cortégo sinistre commence à déboucher sur la place du Parris. Files de pénitents noirs. Bnnnières de la Miséricorde. Flambeaux. Archers. Gens de justice et du guet. Lei soldats écartent la foule. Parait la Esmeralda, en chemise, la corde au cou, pieds nus, couverte d'un grand crêpe noir. Près d'elle, un moine arec un cruciQx. Derrière elle, les bourreaux et les gens du roi. Quasi modo, appuyé aux contre-forts du portail, observe arec attention. Au moment où la condamnée arrive devant la façade, on entend un chant grave et lointain venir de l'intérieur de réglisa, dont les portes sont fermées

CHŒÎDR, dans l'église.

Omnes fluctus flaminis Transierunt super me In imo voraginis Ubi ploranl animœ.

Le chant s'approche lentement. Il éclate enfin près des portes, qui s'ouvrent tout à coup et laissent voir l'intérieur de l'église occupé par une longue procession de prêtres en habits de cérémonie et précédés de bannières. Claude Frollo, en costume sacerdotal, est en tête de la procession. Il s'avance vers la condamnée.

LE PEUPLE

Vive aujourd'hui, morte demain!

Doux Jésus, tendez-lui la main !

C'est mon Phœbus qui m'appelle Dans la demeure éternelle Où Dieu nous tient sous son aile.

Béni soit mon sort cruel!

Au fond de tant de misère, Mon cœur qui se brise espère.

Je vais mourir pour la terre, Je vais naître pour le ciel!

CLAUDE FROLLO

Mourir si jeune, si belle!

Hélas! le prêtre infidèle

Est bien plus condamné qu'elle !

Mon supplice est éternel.

Pauvre fille de misère,

Que j'ai prise dans ma serre,

Tu vas mourir pour la terre;

Moi, je suis mort pour le ciel!

LE PEUPLE

Hélas! c'est une infidèle!

Le ciel, qui tous nous appelle, N'a point de portes pour elle.

Son supplice est éternel.

La mort, oh! quelle miserai

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