ACTE IV
Phœbus!
CLAUDE FROLLO, à part, terriOé.
La trame se déchire!
PHŒBUS, se jetant à bas du cheval.
Dieu soit loué! je respire.
J'arrive à temps. Celle-ci Est innocente et voici Mon assassin !
n désigne Claude Frollo TOUS.
Ciel! le prêtre!
PHOEBUS
Le prêtre est seul coupable, et je le prouverai. Qu'on Tarrète.
LE PEUPLE
0 surprise!
Les archers entourent Claude Frollo.
CLAUDE FROLLO
Ah ! Dieu seul est le maître 1
Phœbus!
LA ESBtERALDA.
Esmeralda!
Ils se jettent dans les bras l'un de l'autre. LA ESMERALDA.
Mon Phœbus adoré I Nous vivrons.
PHOEBUS
Tu vivras.
Pour nous le bonheur brille.
LE PEUPLE
Vivez tous deuxl
Entends ces joyeuses clameurs!
A tes pieds reçois Phumble fille. — Ciel! tu pâlis! Qu'as-tu?
P H OE B U s , chancelant.
Je meurs.
Elle le reçoit dans ses bras. Attente et anxiété dans la foule.
Chaque pas que j'ai fait vers toi, ma bien-aimée, A rouvert ma blessure à peine encor fermée. J'ai pris pour moi la tombe et te laisse le jour.
J'expire. Le sort te venge;
Je vais voir, ô mon pauvre ange,
Si le ciel vaut ton amour!
Adieu !
Il expire.
Phœbus! il meurt! en un instant tout change 1
Elle tombe sur son corps.
Je te suis dans l'éternité!
CLAUDE FROLLO
Fatalité!
LE PEUPLE
Fatalité!
NOTES
NOTES
DK
12 novembre 1833.
L'auteur croit devoir prévenir MM. les directeurs de théâtres de province que Fabiani ne chante que deux couplets au premier acte, et un seulement au second. Pour tous les détails de mise en scène^ ils feront bien de se rapprocher le plus possible du théâtre de la Porte-Saint-Martin, où la pièce a été montée avec un soin et un goût eitrêmes.
Quant à la manière dont la pièce est jouée par les acteurs du théâtre de la Porte-Saint-Martin, l'auteur est heureux de joindre ici ses applaudissements à ceux du public tout entier. Voici la seconde fois dans la même année qu'il met à épreuve le zèle et l'intelligence de cette troupe excellente. Il la félicite et il la remercie.
M. Lockroy, qui avait été tout à la fois si spirituel, si redoutable et si fin dans le don Alphonse de Lucrèce Borgia, a prouvé dans Gilbert une rare et merveilleuse souplesse do talent. Il est, selon le besoin du rôle, amoureux et terrible, calme et violent, caressant et jaloux ; un ouvrier devant la reine, un artiste aux pieds de Jane. Son jeu, si délicat dans ses nuances et si bien proportionné dans ses effets, allie la tendresse mélancolique de Roméo à la gravité sombre d'Othello.
Mademoiselle Juliette, quoique atteinte à la première représentation d'une indisposition si grave, qu'elle n'a pu continuer de jouer le rôle de Jane les jours suivants, a montré dans ce rôle un talent plein d'avenir, un talent souple, gracieux, vrai, tout à la fois pathétique et charmant, intelligent et naïf. L'auteur croit devoir lui exprimer ici sa reconnaissance, ainsi qu'à mademoiselle Ida, qui l'a remplacée, et qui a déployé dans Jane des qualités remarquables d'énergie et de vivacité.
Quant à mademoiselle Georges, il n'en faudrait dire qu'un mot : sublime. Le public a retrouvé dans Marie la grande comédienne et la grande tragédienne de Lucrèce. Depuis le sourire exquis par lequel elle ouvre le second acte, jusqu'au cri déchirant par lequel elle clôt la pièce, il n'y a pas une des nuances de son talent qu'elle ne mette admirablement en lumière dans tout le cours de son rôle. Elle crée dans la création même du poëte quelque chose qui étonne et qui ravit l'auteur lui-même. Elle caresse, elle effraie, elle attendrit, et c'est un miracle de son talent que la même femme qui vient de vous faire tant frémir vous fasse tant pleurer.
KOTE I.
Afin que les lecteurs puissent se rendre compte, une fois pour toutes, du plus ou moins de certitude historique contenue dans les ouvrages de l'auteur, ainsi que de la quantité et de la qualité des recherches faites par lui pour chacun de ses drames, il croit devoir imprimer ici, comme spécimen, la liste des livres et des documents qu'il a consultés avant d'écrire Marie Tudor. Il pourrait publier un catalogue semblable pour chacune de ses autres pièces,
HiSTORu ET A11NA.LES HENRia VII, par Franc. Baronum.
Hbnrici VIII, Edoardi VI et Marie, par Franc. Godwin. — Lond., 1676.
Id. auct.f par Morganum Godwin. — Londres^ 1630.
Traduit en français par le sieur de Loigny. — Paris, 1647.
In-A"*. — Annales 00 Choses mémorables sous Henri VIIJ, Edouard VI et Marie, traduites d'un auteur anonyme par le sieur de Loigny. — Paris, Rocolet, 1647.
Histoire do divorce de Hexri VIII et de Catherine d'Aragon, par Joachira Legrand. — Paris, 1688. 3 vol. in-12.
In4*. — CoNCLUsiONBS Rom* agitat.e in consistorio coram Clemette VII, in caosa matrimomali inter Henricum VIII et Catharinam, etc.
In-4'». — Histoire de la Réformation, par Burnct, deuxième partie, sous Edouard VI, Marie et Elisabeth, depuis 1547 jusqu'en 1559. — Traduit de Burnet, en français, par Rosemond.
In-4o. — Diverses pièces pour l'histoire d'Angleterre sous Henri VIH, Edouard VI et Marie. — En anglais, en un paquet.
In-8*. — Histoire du schisme d'Angleterre, de Sandarus, traduite en français, imprimée en 1587.
In-80. — OpLSCLLA varia de REBUS ANGLICIS, TEMPORE HeNRICI VIII,
Eduardi VI ET Mari.e regin.e. Uno fasciculo.
In-folio. — El ViAGE de don Felipe II, desde Espana, etc., por Juan Christoval Calveté de Estrella. — Anvers, 1552.
In-folio. — IIisTORTA DE FELIPE II, por Luis Cabrera de Cordova. — Madrid, 1619.
In-4o. — Relaciones de Antonio Ferez, secretario de Estado de Felipe II, en sus cartas espanolas y latinas. — Paris, 1624.
In-4'>. — Testimonio adtentico y verdadero de las cosas notables
QUE PASARON EN LA MUERTE DEL REY FeLIPE II, pOr cl licsnciado Gsr-
vera de la Torre, su capellan. — Valencia, 1599.
In-go. — Diciios Y Hechos de Felipe II, por Baltazar Parreno. — Séville, 1639.
Le livre d'Antoine Ferez, secrétaire d'état de Philippe II.
Vue SUR les monnaies d'Angleterre, depuis les premiers temps jusqu'à présent, avec figures. Snelling. 1 vol. in-folio.
The History of the reigns of Edward VI, Mary and Elizabeth, by Shawn Turner. London, Longman, 1829. 1 vol. in-4''.
Éclaircissements de la biographie et des moeurs de l'Angleterre sous Henri VIII, Edouard VI, Marie, Elisabeth et Jacques I*"", extraits des papiers originaux trouvés dans les manuscrits des nobles familles Howard, Talbot et Cecil, par Edmund Lodge, esq. Londres, G. NicoL, 1791. 3 vol. in-i®, ornés de portraits.
Rerum anglicarum, Henrico VIII, Eduardo VI et Maria regnantibus, annales. Londini, Jean Billins, 1628. 1 vol. in-40.
Histoire succincte de la succession de la couronne d'Angleterre, depuis le commencement jusqu'à présent, avec des remarques et une carte. Trad. de l'anglais. 1714. In-12.
The Baronetage of England, by Anth. Gollins. Lond., Taylor, 1720. 8 vol. in-80.
État de la Grande-Bretagne, listes de tous les offices de la couronne, par Jean Ghamberlayne, deux parties. Lond., Midwinker, 1737. 1 vol. in-S».
Succession des colonels anglais, depuis l'origine jusqu'à présent, et liste des vaisseaux. Lond., J. Millau, 1742.
Histoire du parlement d'Angleterre, par l'abbé Raynal. Londres, 1748. In-12. — Édit. 1751, meilleure. 2 vol. in-8».
Panégyrique de Marie, reine d'Angleterre, par Abbadie. Genève, 1695.
Lettre de M. Burnet a M. Thkvenot, contenant une courte
CRITIQUE DE l'hisxoirb DU DIVORCE DE Henri VIII, écrite par M. Legrand. Nouv. édit. Paris, veuve Edme Martin, 1688. 1 vol. in-12.
Collections historiques de plusieurs g:raves écrivains protestants concernant le changement de religion et l'étrange confusion qui s'ensuivit sous Henri VIII, Edouard VI, Marie et Elisabeth. Lond., N. Hiles, 1686. 1 vol. in-12.
Critique du neuvième livre de Varillas, sur la révolution religieuse d'Angleterre, par Burnet. Traduit en français. Amsterdam. N. Savoure t, 1686. 1 vol. in-12.
Peerage of England, par M. Kimber. Londres, 1769. 1 vol. in-12.
The english Baronetagb. Londres. Th. Wootton, 1741. 5 vol. in-S».
Nouveaux Éclaircissements sur Marie, fille de Henri VIII, adressés à M. David Hume. Paris, Delatour, 1766. In-12. (Par le P. Griffet.)
Histoire do schisme d'Angleterre de Sanders, traduite par Maucroii. Lj'on, 1685. 2 vol. m-12.
Tome deux du Schisme, ou les vies des cardinaux Polus et Campege, par Maucroiï. Lyon, 1685. In-12.
Histoire du divorce de Henri VHI et de Catherine d'Aragon, par l'abbé Legrand. Amsterdam, 1763. In-i2.
Consulter le recueil exact et complet des dépêches de M. do Noailles, ambassadeur de France en Angleterre sous Edouard VI et une partie du règne de Marie.