‹ MarieAntoinette et le procès du collier d'après la procédure instruite devant le parlement de ParisChapitre 17 sur 48 · M A «IF.- A NT01NETTE · texte numérisé non relu

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abusant de mon nom et prenant ma signature, vient d’être pleinement acquitté. Mais, comme Française, recevez aussi mon compliment de condoléance. Un peuple est bien malheureux d’avoir pour tribunal suprême un ramas de gens qui ne consultent que leurs passions, et dont les uns sont susceptibles de corruption, et les autres d’une audace qu’ils ont toujours manifestée contre l’autorité, et qu’ils viennent de faire éclater contre ceux qui en sont revêtus 1 . »

Quelques heures après que M. de Rohan fut soiti de la Bastille et rentré dans son hôtel de la rue Vieille-du-Temple, il reçut du Roi l’ordre de lui renvoyer le cordon du Saint-Esprit et de donner sa démission de grand aumônier. De plus, une lettre de cachet l’envoyait en exil dans son abbaye de la Chaise-Dieu, en Auvergne.

L’abbé Georgel, dans ses Mémoires, parle en ces termes de cette mesure : « Qui eût jamais pu croire qu’un jour si glorieux serait suivi d’un jour de disgrâce et d’exil? Ne devait-on pas s’attendre que le Roi, charmé de trouver l’innocence où il avait présumé le crime, ferait éclater son amour pour la justice en répandant sur son grand aumônier les dons de la plus haute faveur? Cette conduite eût honoré Louis XVI... Croira-t-on qu’il fallut user de ménagements pour annoncer à la Reine le triomphe du

* Mémoires tic madame Campait : Eclaircissements historiques.

Lettre du Roi Louis XVI au Baron de Breteuil, en date du 1 er septembre 1786, par laquelle il lui enjoint de se transporter chez le Cardinal de Rohan, pour lui demander sa démission de Grand Aumônier.

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cardinal? Personne ne voulut se charger de le lui apprendre. On engagea sa meilleure amie, la duchesse de Polignac, à lui en faire part, avec les tempéraments que lui suggérait son tendre attachement pour elle 1 . «

Le zèle du grand vicaire de \I. de Ilolian l'emporte trop loin , et il eût été par trop fort que le Roi « répandit sur son grand aumônier les marques de la plus haute faveur » après le scandaleux procès du collier.

Sans doute, le cardinal avait les mains pures de toute fraude; sans doute, il n’était pour rien dans l’escroquerie commise par les époux de Lamotte ; mais il avait insulté la Reine, lui, cardinal; il avait outragé sa souveraine par désespérances insensées; il avait pris pour confidente de son ambition déplacée une intrigante de la pire espèce, et Louis XVI et Marie-Antoinette ne firent qu un acte de justice en l’éloignant de leurs personnes.

L’abbaye de la Chaise-Dieu, située au milieu des montagnes d’Auvergne, n’était pas un séjour convenable pour la santé du cardinal, altérée par les excès de sa jeunesse et par sa longue captivité à la Bastille; il obtint et sollicita du Roi la permission de séjourner désormais à l’abbaye de Marmouticr, près de Tours*.

* Mémoires de f abbé George! , t. II.

s Le grand-père de l’auteur de ce livre, M. Gallais, auteur de l ’ Appel à la postérité sur le jugement du lloi, publié le

Après un court séjour en Touraine, le Roi permit au cardinal de rentrer dans son diocèse.

Lors des événements de la Révolution, M. de Rohan parut un moment se ranger du côté des réformateurs politiques; il prêta même serment à la constitution civile du clergé ; mais bientôt il se sépara des révolutionnaires , dont il ne goûtait pas les lois sur les biens du clergé, et se retira dans son évêché de l’autre côté du Rhin.

Là, sa noble conduite fit oublier les torts de sa vie passée. Les émigrés français, les prêtres déportés, trouvèrent en lui un protecteur et un soutien. Bien qu’à peu près ruiné, il les soutint encore de ses ressources. Il fit plus, il leva des soldats qui s’unirent à l’armée de Condé. Comme on le pense bien, il n’en fallait pas tant pour attirer sur sa tête les foudres des amis de la Révolution; l’Assemblée nationale retentit de déclamations furibondes contre lui. Victor de Broglie proposa de le mettre en accusation et de le traduire devaht la haute cour nationale, mais cette motion lut rejetée.

En 1801, lors du Concordat, M. de Rohan se démit de son évêché de Strasbourg, et se retira à Ettcnhcim, où il mourut le IG février 1803.

20 janvier 17ÎKÎ, et journaliste en vogue sous le Directoire, l'Empire et la Restauration, eut occasion <le voir plusieurs fois M. de Koliau à Marmouticr, et de l’entendre déplorer avec amertume ses folles espérances vis-à-vis de la Reine, et la confiance aveugle qu'il avait accordée à madame de l.amotte.

Le l* r juin 1786, Cagliostro reçut communication de l’arrêt qui le déchargeait d’accusation et qui ordonnait sa mise en liberté.

Le premier soin de l’autorité fut de lui faire la remise des effets trouvés lors de son arrestation à son domicile, et que le commissaire Ghénon avait mis sous les scellés au mois d’aoftt 1785.

Voici la pièce officielle qui constate cette remise.

PROCÈS-VERBAL DE LA REMISg FAITE A CAGLIOSTRO, LORS

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