‹ MarieAntoinette et le procès du collier d'après la procédure instruite devant le parlement de ParisChapitre 4 sur 48 · M A H I F.- A N TOI X ETTE · texte numérisé non relu

M A H I F.- A N TOI X ETTE

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Ces tentatives, qui pouvaient se renouveler, décidèrent Jeanne de' Valois à se réfugier à l’abbaye de Longcliamps, où elle emmena sa plus jeune sœur, que la marquise de Boulainvillicrs avait retirée des mains du paysan de Fontette 1 ; mais le séjour qu elles y firent fut de courte durée, et les deux sœurs, pour des motifs d’économie, résolurent d’aller habiter Bar-sur-Aubc, leur pays natal.

Installées d'abord chez les bénédictines de cette ville, elles ne tardèrent pas à céder aux sollicitations d’une dame Clausse de Surmont, qui les logea chez elle moyennant 400 livres de pension pour chacune.

Ce fut là que Jeanne de Valois rencontra pour la première fois M. de Lamottc s , neveu de madame de Surmont.

M. de Lamottc était, au moins s’il faut l’en croire, d’une ancienne famille. Henri IV avait écrit à l’un de ses ancêtres : « A notre ami et féal chevalier de Lamottc. » Sept de ses aïeux étaient morts au service, décorés de la croix de Saint-Louis, et son père avait été tué le l" août 1759 à la bataille de Minden s .

M. de Lainotte n’avait que cinq ans quand son père mourut ; après une éducation plus que superficielle, il fut admis dix années plus tard dans la

' Mémoires (lu comte de Lamottc, etc., p. 48.

5 Vie de Jeanne de Saint-Rcmy, etc., t. 1 , p. 178 et suiv.

* Mémoires du comte de Lamottc, etc., p. 6 et 7.

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gendarmerie, et il y avait, déjà douze ans qu’il servait dans ce corps quand les demoiselles de Valois arrivèrent à Bar-sur-Aube , où lui-même sc trouvait en congé de semestre.

Au physique, dit M. Beugnot ', « M. de Lamotte était un homme laid, mais bien fait, habile à tous les exercices du corps, et, en dépit de sa laideur, l’expression de sa figure était aimable et douce. Il ne manquait entièrement d’esprit, et ce qu’il en avait était tourné vers les aventures subalternes. •>

« Dénué de toute espèce de fortune, continue M. Beugnot *, il avait cependant eu le talent de se noyer de dettes ; il ne vivait qu’à force d’industrie et de la pension obligée de 300 livres que M. de Surmont, son oncle, lui faisait pour le soutenir dans la gendarmerie. »

M. de Lamotte ne tarda pas à s’occuper particulièrement de Jeanne de Valois, qui reçut scs avances avec plaisir, et bientôt un mariage fut résolu ’.

1 Mémoires de Beugnot, cités par Louis l.acour dans les Mémoires du comte de Valois, p. 55.

J Mémoires de Beugnot, cités par L. Lacour dans les Mémoires du comte de Lamotte, p. 11.

1 Après le mariage de sa soeur, la plus jeune des demoiselles de Valois se retira à l’abbaye de Jarcv (Seine-el-Oisc) ; elle v était encore en 1784. La lettre suivante donnera une idée de la détresse où elle se trouvait à cette époque, et de l’éducation qu’elle avait reçue :

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M A R I E- ANTO I N ETTE

S’il fant en croire M. Beugnot , ce mariage était devenu indispensable. « Dans le même mois, on

U A MONSIEUR I.’AIUIF. DF. HOIR MON *, A SON HOTEL, CLOITRE NOTRE-DAME, A PARIS**.

* • De Jarcv, le 30 novembre 17X4.

» Monsieur,

ü Né tems pas plus a mon aise actuclement que je ne lai tait lorse que jai eu l’onheure <le vous prieé de vous loir bien vous intéressé à mon mal’heureux sor, et que vous me parafe vous y inléraiser, cela me donne, îiioiisieur la ardiaise de vous réh itéré et vous demandé vos bouté que j’espere trouver en vous, aitemsausi compatissons que vous laite et cnteridans publiée vos bien fait partout, cela me faites espéré que vous vous devé bien me maitre au nombre de vos heureux , jai eu ausi l’oubeure de vous donné deux mémoire pour les présenter a mes dame, vous médité, monsieur quelle 11e pouvai rien dans ce tems la cl quil falait atendre un teins plus favorable, ne pouvant plus exciter (lisez exister) sans se coure sait a vous monsieur que jai recoure, diugnié (lisez daignez) donc par grâce y avoir aigar, je vous auré une ternaille obligasion; je fait et feré des veux pour la conservasion de votre senté qui mais et me sera chère toute la vie. n Je sui monsieur

» Votre très obavsccnte servante « Df. Valois.

» A 1‘abhave dp Jarcy, près Bri- Comte-Robert. »

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