SIMIANE, DE LORMEL, AMBROISE
de lormel, un moment avant l'entrée d’Ambroise.
Un seul mot, Simiane... avez-vous donc des ménagements à garder envers celui qui vous insulta devant votre fils ?
SIMIANE
Je ne sais quel est le motif ni quelle sera l’issue de cet entretien... mais je doi3 opposer le calme à la colère ; car je ne puis oublier que mon offenseur est l'honnête homme que j’ai nommé mon ami, le soldat courageux qui fut mon sauveur.
ambroise, apercevant Simiane et d lui-même.
Ah! le voilà donc enfin !... (Haut et se contenant.) Vous avez vu votre fils, monsieur le marquis?... Vous me faites appeler et vous n’êtes pas seul?... C’est donc que vous avez déjà choisi votre témoin... Fort bien, je vois que vous comprenez ce qui m’amène.
SIMIANE
Non, Ambroise... on m’a dit vos emportements... votre violence, yos injures et je ne les comprends pas encore.
ambroise, s’animant.
En vérité!... alors, marquis de Simiane, tout ce que je n’ai pu dire à cet enfant, je vais te le dire en face.
de lormel, avec autorité.
Pas ici, monsieur Ambroise ; vousu’y parlerez l’un et l’autre qu’avec le calme et la dignité qui conviennent h des gens de coeur... J’ignore si cette colère est injuste ou légitime, mais je
MARIE-ROSE
sais que l’insulte, de quelque part qu’elle vienne, aggrave les torts et détruit le bon droit... J’ai pour devoir de rappeler au respect de lui-même quiconque met les pieds dans ma maison... Dites vos griefs, monsieur... si vous le pouyez, défendez- vous Simiaae; mais n’oubliez pas tous deux que vous êtes chez mol.
Vous avez raison, monsieur; la colère de l'homme est inutile quand la justice de Dieu doit prononcer.
SIMIANE
La justice de Dieu... prononcer entre nous... En vérité, vous ôtes insensé, mon ami.
ambroise, à de Lormel.
Monsieur, vous qui ne permettez pas rin<ulte chez vous, empêchez donc cet homme de m’appeler son ami.
simiane, avec un mouvement d’emportement.
Ambroise !
de lormel, fortement à Ambroise.
Accusez-!e, vous dis-je, et ne l’outragez pas.
AMBROISE
Eli bien! qu’il ne réponde plus qu’à vous... c’est vous-même qui le jugerez... demandez-lui s’il connaît ce cachet, cette écriture. ( Il lui donne la lettre de Simiane. ) simiane, à part.
Ma lettre à Léonie !
de lormel, tendant la lettre à Simiane sans la regarder.
Voyez, Simiane.
simiane, repoussant la lettre.
C’est inutile; je l’avoue... c’est moi qui ai écrit cela. ambroise, à de Lormel qui va lui rendre la lettre, i
Oh ! lisez-la, monsieur, cette lettre que j’ai surprise entre les mains de ma femme... J’ai dit que vous le jugeriez... Pour condamner le coupable, il faut que vous connaissiez le crime. simiane, à part.
Cetto lettre!... lue par lui!... devant moi!... Ambroise, tu ne croi3 pas si bien me punir.
de lormf.l, lisant.
« Notre amour ne peut plus être qu’un souvenir... je te rends à tes devoirs trop longtemps méconnus... Fuisse le ciel nous pardonner d’avoir trompé un honnête homme. » Simiane, sontce bien là les termes de la lettre que vous venez d’avouer?
SIMIANE
Oui, monsieur le comte.