AMBROISE, URSULE
URSULE
Tout le monde va bien chez toi, mon garçon?
AMBROISE
C’est vous, mère Ursule... vous ici?
Je vois que tu es en bonne santé, loi.. . mais ma fille?
* AMBROISE
Comme à l’ordinaire, toujours fraîche et belle... elle vient de sortir... elle va rentrer tout b l’heure... Ah! mais, c’est comme un rêve... vous h Marseille! vousqui ne pouviez pas démarrer de votre village. *
URSULE
Tu n’es pas fâché que je sois venue?
AMBROISE
i Fâché ?
URSULE
C’est que tu ne me dis pas de m’asseoir.
AMBROISE
Dites- moi d’abord de vous embrasser, mère... et puis, preuez vos aises, h votre guise... ne vous gênez en rien... vous êtes chez vos enfants ..vous êtes chez vous. (Illui présente une chaise.)
Ursule, s'asseyant.
Four cette bonne parole-là, c’est moi qui l’embrasserai... deux fois de suite... sur les deux joues... ça ne m’est pas arrivé'depuis ta noce... {Elle l'embrasse.)
AMBROISE
Dont c’est aujourd’hui le troisième anniversaire.
URSULE
Voilà justement ce qui m’amène.
ambroise, à lui même: -
Bon, je devine, c’était une surprise convenue avec Marie- Rose... voilà pourquoi elle me disait de no pas envoyer ma lettre.
URSULE
C’est bon de s’asseoir quand ou vient de si loin ; mais être bien reçue ça repose encore mieux.
AMBROISE
Par exemple!... esl-ce que vous doutiez?
URSULE
Dame! c’est que nous n’élions guère bons amis, Ambroise, quand t*as quille le pays pour venir t’établir ici...
MARIE-ROSE
AMBROISE
Sans reproche vous me taquiniez pas mal... et pourtant, si jamais un mari a aimé sa femme...
ursulb.
Eh bien, oui, tu l’aimes bien,., pour toi... mais ça né me suffisait pas, à moi, sa mère, qui ne l’aime que pour elle... c’est bien naturel... des huit enfants quoie bon Dieu m’avait donnés, Marie-ltose est la seule qu’il m’ait laissée... Quand elle vint au monde, depuis deux mois mon pauvre homme était défunt... depuis une semaine je pleurais devant un berceau vide pour la septième fois.
AMBROISE
Oh î je sais que vous avez eu do cruels moments b passer.
Aussi, b seule fin d’épargner une souffrance, un chagrin à celle qui m’était conservée, j’aurais donné tout rpon sang, comme je lui donnais toute mon âme... C’est que je Relui ai jamais rien refusé b cette bonne chère fille... non, rien ; pas même le mari qu’avait choisi sou cœur... et qui a eu le courage de me dire, un jour que je le gênais pour chercher querelle a mon enfant : mère Ursule, nous sommes trop proches vojsins... ja déménage. l’emmène ma femme... Je crus d’abord que ce n’était qu’une menace en l’air... mais le lendemaiu j’avais perdu aussi ma pauvre Marie-Rose ! elle était comme mono pour moi,!.
AMBROISE
Oui, jo me suis emporté plus fort que de coutume ce jour-là et ça m’a duré plus longtemps... mais depuis je vous ai écrit... et très-souvent... Tenez, au moment où vous êtes arrivée, je vous écrivais encore.
URSULE
Bah ! vraiment ?
AMBROISE
Oui, au sujet de sa croix d’argent que Mario-Rose pourrait bien avoir laissée chez vous.
, URSULE
Sa croix .. chez moi?... quand donc ça?
AMBROISE
Dernièrement, quand elle y a été; car si je mérite vos reproches pour ce qui est d’ancienne date, j'ai bien droit b un petit remerciaient de votre part, pour avoir envoyé votre fille passer huit grands jours avec vous.
Ursule, troublée et balbutiant.
Ah! ma fille!... huit jours?... au fait, c’est possible... si elle te l’a dit, ça doit être vrai.