SCENE VII
Les Mêmes, MARIE-ROSE, suivie de SÉBASTIEN*.
marie-rose, allant à Léonie.
Il y a bien longtemps que je vous cherche, ma marraine.
MARIE-ROSE
LÉONIE, à part.
Marie-Rose ! [Haut.) Vous vous trompez, madame... je ne vous connais pas.
tous.
Ah!
... MARIE- IiOSE.
Comment! ce n’est pas vous qui êtes venue h Marseille, il y a quinze ans... ce n’ost pas vous qui m’avez dit, en me confiant celte lettre qui m’a faite si malheureuse: Au revoir, ma filleule... Ah! madame, pour montrer tant d’audace, vous avez donc bien peur!
LÉONIE
Peur?... accuscz-moi tout haut... le monde jugera entre la mémoire incertaine de Maric-Roscet l'affirmation delà comtesse de Lormel.
SÉBASTIEN
Pardon, madame*, ce ne sont pas là toutes les pièces du procès... ( Tirant un papier de sa poche.) En voici une que j’ai par précaution empruntée aux papiers do famille de mon ami Ambroise... c’est un extrait dos registres do la paroisse de Saint- Estève... L’acte do bnptêmo do Mario -Rose... il dit les noms du parrain et de la marraine.. .Vous fiancoz votre fille, madame, et le notaiie rédige le contrat dans voire salon : rit il de [dus fac.lo de que lui demander si avant d’être mat iéo, madame la comtesse de Lormel no se nommait pas l.éonie do Brévannes... Léoniede Brevannes, la marraine do Marie-Rose.
LÉONIE
Eh bien, quand il serait vrai que toute enfant j’eusse été à Saiul-Estève, cela prouve t-il ma présence à Marseille, chez madame, il y a quinze ans ?
MARIE-ROSE
Mais, madame, cen’est plus moi qui suis folle, c’e3t vous... vous oubliez que j’ai un témoin de votre présence chez moi à Marseille.
LÉOXIE.
Un témoin !
MARIE-ROSE
Votre mari, qui vous y a surprise.
, LÉONIE
Enfin, quelle est votre espérance à vous tous qui m’avez tendu ce piège ?
MARIE- ROSE
Nous voulons épargner à Ambroise un crime... un meurtre;