ACTE III
le cimetière , même qu’il y a une petite porto qui de chez nous y donne entréo... C’te nuit, la chaleur était si lourde, l’orage menaçait si fort, que je ne pouvais pas dormir; alors je me suis levé et je suis descendu dans ma cour en me disant : pour me distraire je vas aller voir mes bêtes... En passant le long du mur, il m’a semblé entendre le grincement de la petite porte.
CAUSSADB.
Celle du cimetière ?
ROBERT
Juste... Comme je croyais l’avoir fermée hier, je me dis, je rêve tout éveillé .. Pourtant je reviens sur mes pas pour m’assurer de la chose... il faisait noir comme dans un four et je marchais en tâtonnant, les deux bras en avant, comme ça.. . tout à coup, je sens une main qui se pose sur la mienne, et c’te main était si froide qu’on aurait dit celled’un mort.
CAUSSADE
Credié! que j’aurais eu peur 1
CATOR.
J’aurais crié.
ROBERT
Moi aussi... Mais je ne trouvais même plus mon souffle... c’te main me tenait comine dans un étau et elle m’attirait, elle m’attirait toujours... puis une voix sourde et rauque me dit : Viens... viens...
cadssade, avec (erreur.
Où ça?
nOBERT.
Au cimetière! Oh ! alors je veux m’enfuir... mais la main me tenait plus fort... Enfin les éclairs qui brillent me font voir le fantôme que j’aTaisdevant moi; c’était une femme, c’était Mârie- Itoso.
TOUS
Marie-Rose !
CATOR.
Tout ça c’est peut-être un cauchemar.
ROBBnT.
Je ne pouvais pas croire moi-même à ce que j’avais vu... je regagnai la maison... malgré la chaleur... je rallumai le feu dans Pâtre de la grande salle... A la clarté du foyer... je vois remuer le rideau de la fenêtre, je me dis c’est le vent, on aura laissé la croisée ouverte ; je tire le rideau... et je me retrouve en face de Marie-Rose qui s’était sauvée et cachée là... c’te fois je
MARÏË-ROSE.
ne rêvais pas... St s yeux étaient effrayants ; elle me regardait juste de la mônn façon que Jacques Basselin m’avait regardé... je lui parle, elle me répond par un éclat do rire qui me fait froid au cœur; jo veux la prendie, e le me glisse dans les mains comme une couleuvre... jo veux la poursuivre, alors, saisissant dans l’âlre un tison enflammé elle me repousse et se sauve dans la campagne en laissant derrière elle une longue trace d’étincelles et de fumée ; je crie au feu, toute la maison se réveille, bêtes et gens se mettent à la poursuite de la folle; mais le jour était tout à fait venu et l’ouragan était dans toute sa force que nous la cherchions encore.
CAUSSADE
Elle sera peut être retournée Montmayour?
ROBERT
Non, car les gens de la ferme d’Ambroise sont aussi à la poursuite de Marie-llose; elle se sera caihée dans quelque grange, blottie sous quelque meule, et c’est par l’incendie qu’on découvrira sa cachette, comme c’est par l’incendie de ma grange que l’année dernière on a découvert la retraite de Jacques Basselin... Mais Marie-Rose ne rentrera pas chez moi, tout mon monde fait bonne garde... vous autres, imitez-moi, décrochez vos fusils; pendant que les femmes garderont les maisons, que les hommes se mettent en chasse, il faut prendre Marie- Hose; si elle résiste .. si elle veut nous échapper... eh bien...
TOUS
Eh bien?
ROBERT
On tirera dessus 1
CAUSSADE
Allons donc l ça serait un meurtre.
ROBERT
On me disait ça aussi quand je voulais en finir avec Jacques Basselin, je l'ai épargné ; une heure après, ma ferme était toute en feu... Je ne me laisserai pas brûler une seconde fois : mieux vaut tuer le diable que le diable nous tue.