‹ MarieRose drame en cinq actesChapitre 62 sur 113 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

CATOR, CAUSSADE, (rois ou quatre Paysans, piwGEOHGETTE,

« , suivit de Paysannes.

CATOR.

Merci, je ne gagne pas de c’t ai gent-là.

CAUSSADE

Robert est bien dur, c’est vrai, mais enfin si la folle venait chez nous...

CATOR*

Eh bien... on lui jette un sac sur la tête, pour qu’elle ne morde pas, on lui attache .les mains pour qu’elle ne griffe pas, puis on la mène au bailliage... voilà...

CAUSSADE

Père Cator, vous resterez avec nous jusqu’à ce que qu’on ait mis la main sur Marie-Rose... je suis brave, moi, quand je suis deux ; mais quand je suis tout seul...

LA VOIX DE GEORGETTE, OU dehors.

Au secours !... à l’aide.l

CAUSSADE

Hein ! je crois qu’on a crié...

CATOR.

C’est la voix de madame Caussade.

CAUSSADE

Elleaura rencontré lafolle...oh! mais, jarniUieu! quand il s’agit de défendre ma femme, je n’ai plus peurde rien... ( Revenant sur tes pas.) Venez avec moi, père Cator.

georgette, entrant vivement.

Du secours, vite, du secours !

CAUSSADÉ.

Pour qui ? pour toi, Georgette ?

GBORGETTR.

Eh ! non ! pour une voyageuse égarée prise au milieu de l’inondation.

MARIE-ROSE

• CATOR.

Où ça?

GRORGBTTK.

Là bas, au Calvaire; la pauvre petite aura eu beaucoup de peine à y parvenir, et à c’te heure elle n’en peut plus descendre. Tout le val étant couvert d’eau, j’avais renoncé à aller chez notre tante Girard, je revenais, quand ces moissonneuses qui apercevaient la jeune fille me l’ont montrée... Tenez, d’ici... vous la verrez à genoux, évanouie peut-être au pied de la croix. L’eau monte toujours ; si l’on tarde à secourir l’enfant, il arrivera un malheur.

CACSSADE.

Il en arriverait deux si on essayait d’aller jusqu’au Calvaire.

CATOR.

Faudrait un bateau pour ça, et nous n’en avons pas.

QEORGKTTB.

Pour on bon nageur, ça ne serait qu’un bain à prendre, et vous, père Cator, vous ôtes un vrai poisson,

CATOR.

Je ne suis plus jeune, madame Georgette, et je ne pourrais jamais couper ce courant-là.

GKORGETTÊ.

Comment ! il ne se trouvera pas un homme do cœur qui viendra au secours de l’enfant?...

caussadk, qui regarde vers la droite.

Eh! femme!

georgettb, avec joie, regardant du même côté.

Si! si! il s’en est trouvé un... voyez... voyez là bas...

CAÜSSAOE.

C’est un cavalier; il longeait la rivière, il a aperçu la petite et il entre bravement dans l’eau avec son cheval.

CATOR.

Qu’est-ce que je disais? lo courant est si fort qu’il entraîne la pauvre bête... elle a déjà perdu pied.

CAUSSADE

Miséricorde !

GKORGETTE.

Mais l'homme ne perd pas courage, il soutient son cheval qui nage vigoureusement, il coupe le courant; tenez, le voilà au bas du Calvaire.

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