Ces mandarins n'osent pas me répondre
Dans La Libre Parole du 9 mars, dans l'article intitulé : /eé Révélations d'Esterhazy, j'écrivais :
« Quand la Trahison juive aura fait son œuvre, il se trouvera quelqu'un pour dire :
» Nous avions un homme qui était l'élève et le succes- 9 seur désigné de Miribel et que tout le monde s'accor- » dait à reconnaître pour un chef d'élat-major de pre- » mier ordre. Les Juifs l'ont chassé. C'est la campagne » entreprise avec l'or de l'Etranger qui a amené une » effroyable désorganisation dans notre armée, qui » n'était peut-être pas parfaite, mais qui nous faisait » respecter de TEurope. Concluez I »
» Alors on n'entendra plus les houl hou! que poussent les bons socialistes de la Chambre lorsqu'on se permet de demander pourquoi... on tolère de la part de Zadoc-Kahn ce qui serait sévèrement réprimé chez l'archevêque de Paris,
» On entendra le cri sinistre et rauque des Journées de Septembre :
A mort! A mort!
Dans La Libre Parole du 18 mars, dans l'article intitulé : « Les Derniers Propos (VEsterhazy^ » j'écrivais :
« Mon œuvre consiste à avertir les Français, à leur
LA RÉCUSATION DBS TROIS GONSEItLERS 255
montrer, à leur faire en quelque sorte toucher du doigt le péril que font courir à la Patrie ces Juifs dont la formidable puissance vient de s^affirmer d'une si insolente façon et qui veulent livrer la France à l'étranger.
» En réalité, je n'ai pas à défendre le général de Boisdeffre que je n'ai jamais vu, pas plus que le général Gonse, le colonel Henry ou le colonel du Paty de Clam,
» Dans l'intérêt immédiat de mon pays, je souhaite que le général de Boisdeffre reste dans l'armée. Il est, au dire de tous les amis et même de tous les adversaires loyaux de la France, le seul chef d'Etat-Major qui puisse mettre en mouvement cette immense machine de la mobilisation.
» En considérant l'intérêt de ma Patrie à un point de vue plus étendu et plus lointain, en me plaçant au point de vue de l'avenir, je crois que l'expulsion du général deBoisdefifre de l'armée pourrait avoir d'excellents résultats.
» Je pense, en effet, que la France ne sera sauvée que lorsqu'elle sera délivrée des Juifs qui l'exploitent, la déshonorent et la trahissent.
» Or, les mesures qui seraient prises contre le général de Boisdeffre et d'autres chefs de l'armée ne feraient qu'accélérer encore le mouvement antisémitique en rendant plus intense et plus profonde cette haine du Juif qui atteint déjà des proportions formidables dont nos Hébreux eux-mêmes ne se doutent pas.
» Chacun se dirait :
» Gomment I voilà des officiers qui ont d'admirables états de service, qui ont vaillamment combattu pour la France, qui se sont dévoués à la réorganisation de notre armée. Ils se sont peut-être exagéré les dangers que présenteraient certaines révélations à propos de l'affaire Dreyfus; ils ont pris pour conjurer ces dangers des moyens qui n'étaient pas toujours habiles ; ils ont été affolés parTaudace du Syndicat juif, mais il n'y a pas dans ce qu'on leur reproche de quoi fouetter un chat.
» Et ce sont ces braves gens que l'on sacrifierait? A
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qui? sur l'ordre de qui? Sur Tordre d'un immonde Juif qui est le neveu, le gendre et le successeur de ce misérable von Reinach, qui était notoirement un escroc et un agent allemand. L'homme qui serait le maître delà France serait ce Joseph Reinach qui, s'il avait eu une ombre de pudeur, aurait dû, après les scandales du Panama, aller cacher loin de chez noas un nom à jamais déshonoré. »
Dans La Libre Parole du 23 mars, dans l'article intitulé : Les Images y j'écrivais :
« Sacrifiera -t-on le général, qui a travaillé si longtemps à l'organisation de notre défense et qui a conclu l'alliance russe au misérable que ses pairs ont condamné pour trahison?
» La France, quelque aveulie qu'elle soit, aura malgré tout un tressaillement lorsque, pour acquitter les engagements pris ^ar Loubet envers le Syndicat an moment du Congrès, Freycinet expulsera définitivement de l'armée les chefs respectés de tous qui ont commis l'irrémissible crime d'envoyer au bagne un Youddi qui avait vendu la France.
» Nous aimons trop notre Patrie pour ne pas souhaiter que cette honte lui soit épargnée, mais au point de vue de nos idées nous n'aurions qu'un chagrin relatif de voir le Syndicat triompher jusqu'au bout. Le spectacle sera complet et prouvera ce que nous avons dit si souvent sur la toute-puissance de cette Juiverie dont nos ministres ne sont que les domestiques. »
En réalité, le seul reproche que l'on serait en droit de m'adresser serait de me répéter un peu ; mais j'ai toujours trouvé très vraie cette parole de Napoléon que j'ai souvent citée : c La répétition est la plus énergique des figures de rhétorique. »
C'est à ce point de vue que se plaçait Girardin lorsqu'il répondait à quelqu'un qui lui demandait quel était son meilleur article : « Celui que j*ai fait cinq centsfois. >
Quand on veut servir une cause, il faut se dépouiller des petites vanités et des petites coquetteries de l'homme ^
de lettres, et bien se dire qae i'article qui a été lu et parfois admiré la veille, est oublié le lendemain, et qu'il faut le recommencer le surlendemain.
En tout cas, il bien démontré que le Pressensé s'est conduit comme un J... F... en trompant honteusement ceux qui le lisent sur des textes qui ne prêtent à aucune contestation et à aucune équivoque.
Je ne m'adresse pas à nos amis, mais à des hommes comme Lavisse, comme Sardou, comme Anatole France même, qui, malgré leurs sympathies dreyfusardes, conservent un certain respect de la dignité littéraire, et je leur dis :
c Que pensez-vous de ce Pressensé qui, alors qu'il a sous les yeux des articles publiés dans la même quinzaine où je dis toujours la même chose en des termes presques identiques, ose m'accuser d'avoir fait volteface et d'avoir fait volte-face « parce que Ton m'a menacé ou flatté?»
Ces mandarins n'oseront pas me répondre, parce qu'ils auront peur de se faire des histoires ; mais au fond, ils seront de mon avis sur Pressensé et ils penseront que les coups de botte que j'envoie au derrière de ce coquin sont absolument mérités...
Pressensé riposte au prophète, dans Y Aurore du 26 mars, par « Drumont, Boisdeffre et C*^ » :