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Les différentes industries dont se compose le commerce allemand donnent une indication plus précise encore. La métallurgie vient en première ligne. Les exportations s'élèvent à 227 millions en 1889, à 306 millions en 1897. Les machines fournissent à l’exportation une somme de 188 millions en 1889 et de 270 millions en 1897.
L'industrie textile, celle du papier, celle des jouets, suivent de très loin.
Quelles sont, chez nous les grandes industries d’exportation ?
Les Lissus de soie, en 1890, représentaient 273 millions, En 1897, ils tombaient à 270 millions.
Les tissus de laine passent, de 361 millions en 1890, à 265 millions en 1897;
Les tissus de coton de 110 à 119 millions :
Les vins de 268 à 232 millions ;
Les laines en masse de 121 à 172 millions ;
La tabletterie, de 154 à 160 millions ;
Les soies, de 197 à 117 ;
Les peaux, de 112 à 102;
Les vêtements, de 125 à 95 ;
Les sucres, de 118 à 88 ;
Les fromages et beurres, de 92 à 86 ;
L'exemple suffit. Le fret manque. De plus, il n’est pas favorable à l'expansion de la marine. Et cette cause de décadence n’est pas réparable. C’est la plus importante de celles qui ont amené l’abaissement de notre pavillon. Dans la transformation du monde moderne, les matières lourdes ont acquis une importance autrefois inconnue, qui ruine la France. Le charbon, les aciers, les fers sont l’âme de l'industrie. Les pays pourvoyeurs du monde possèdentdes marines qui grandissentchaque jour, et la décroissance de notre marine marchande n’est que le reflet de la décadence industrielle de notre pays.
Pourtant nous exportons, et les produits même exportés font regretter plus encore que la marine française nereste
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pas à son rang. Le dicton anglais : «Le commerce suit le pavillon » reste vrai. Si nos marchandises ont une valeur, elles doivent garder la marque de leur lieu de production, elles doivent rester françaises. — C’est pour nous une influence commerciale certaine. Mais le seul fait de les faire naviguer sous pavillon concurrent les dénationalise. Pour ceux qui les reçoivent et les achètent, le lieu d’origine s’efface, le transporteur seul est considéré. Et
quand, plus tard, un navire concurrent apportera des
produits ouvrés qui n’émaneront plus de France, les réceptionnaires s'en apercevront à peine, par ce que le pavillon aura voilé l’origine de ces produits.
Et c'est là aujourd’hui, dans lecommerce d'exportation, toute la richesse industrielle dela France, que ces produits ouvrés, particuliers à notre pays. Il faut donc, pour le sauver peut-être, aonner un nouvel essor à la marine marchande nationale. Il faut s’attaquer aux causes apparentes et secondaires de la décadence maritime pour vaincre la timidité des armateurs et leur découragement.
Les sacrifices que s’imposera le pays ne viseront donc pas uniquement la marine qui, en France, intéresse peu. Nous n'avons pas le tempérament spécial des Anglais et des Allemands. Il nous reste de notre principale richesse nationale, qui est la terre, un caractère de terriens. Et toute nouvelle subvention, sous quelque forme que ce soit, accordée à la marine, trouve une résistance très profonde, parce que l'âme du pays se révèle ainsi. Ces subventions ne visent que passagèrement les transpor-
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teurs. Il faut voir plus loin. Elles sont la sauvegarde de l’industrie nationale, qui, sans marine, sera réduite à vivre sur elle-même et à mourir faute de débouchés.