LA QUESTION DES TRANSPORTS A L'INTÉRIEUR
Développer le commerce et l’industrie de France, tel est donc le vrai moyen de faire prospérer la marine marchande. Elle sert de « trait d'union », elle exporte les marchandises nationales sur les marchés étrangers. Mais encore faut-il que le commerce et l’industrie puissent produire à bon marché, et concurrencer par les prix de vente les produits des autres pays. |
De tous les éléments qui composent le prix de revient, en France, des marchandises d’exportation, il en est qu'on ne peut guère réduire. La main-d'œuvre est-elle plus chère souvent qu’en Allemagne? Cela tient à des causes profondes et sociales que rien ne peut atteindre utilement. Mais nous avons la possibilité de réduire un élément plus important peut-être : le prix des transports à l'intérieur.
On concoit l'utilité de faciliter le transit des matières premières de l'étranger au point de fabrication, celui
des marchandises du point de fabrication au port fran- Schayé 2
çais d'embarquement. Et nous constatons tout d’abord l'insuffisance absolue de notre réseau de voies naviga-
bles.
« Autrefois, on s'était habitué à cette idée qu’il y avait
en France 16 à 17.000-kilomètres de voies navigables...
Aujourd’hui encore, on nous donne le chiffre de 16.687 kilomètres. Mais, en même temps, la statistique nous déclare qu’il y a moins de 12.000 kilomètres utilisés pour la batellerie d'intérieur. Et si l’on cherche les voies navigables remplissant les conditions nécessaires à la navigation des péniches, c'est-à-dire des bateaux les plus usuels jaugeant 280 à 300 tonneaux, on n'en trouve plus que 4.498 kilomètres: dont 2.039 de fleuves ou rivières et 2.459 de canaux. ;
«Pour un pays de l'étendue de la France, c’est peu, et en réalité si on jette les yeux sur une carte, on voit qu’effectivement 1l n’y a qu’une petite fraction de notre territoire où la batellerie puisse s'exercer dans des con-
-ditions véritablement normales.
« Le tonnage total des marchandises embarquées sur les rivières et canaux en 1897 s’est élevé à 30.609.296 tonnes. Ramené au parcours d’un kilomètre, ce tonnage donne le nombre de 4 milliards 365.814.460 tonnes. Mais ces chiffres sont le résultat de courants d'intensité variables et difficiles à mesurer exactement. Si, au contraire, on considère les tonnages moyens de chaque section ramenés à la longueur totale de cette section, on peut établir la comparaison des courants entre eux, et par
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conséquent le degré d'utilisation de chaque section. On voit ainsi que parmi les fleuves ou rivières, il n’y a que
neuf sections sur lesquelles le tonnage, ramené à la dis-
tance entière, dépasse un million de tonnes annuelles,
ce sont :