M. Trarieux
des Français ? Sous toutes les formes enfin, la navigation des navires français n'est-elle pas du travail pour la France? » (1)
La question peut être placée à un point de vue différent, et plus frappant parce qu’il est plus précis. Quelle est objection principale de ceux qui ont voté la suppression de la demi-prime ?
Donner une prime aux navires étrangers francisés, disent-ils, constitue une subvention à la construction étrangère. N'est-ce pas une subvention bien plus inquiétante que celle donnée, sous forme de fret, aux navires étrangers : car si en 1893, on espérait l'augmentation de la flotte commerciale française, grâce à la suppression de la demi-prime, on est aujourd’hui forcé de reconnaître qu’elle a subi, pour quelque raison que ce soit, un amoindrissement formidable. Et si le fret, en France, est de plus en plus réduit, il n’en résulte pas moins que les navires étrangers concurrents viennent l'arracher aux navires français insuffisants.
Ce fret se chiffre par 345 millions par an, disait M. Dupuy de Lôme, par 400 millions, disait M. Siegfried. Aujourd’hui, étant donné l’abaissement général du taux des frets, M. Duprat l'estime à 300 millions.
Ce fret est définitivement perdu. Le fret français payé au pavillon français a pour résultat de laisser en France l'intégralité des sommes dépensées. S'il est payé au pavil-