M, Trarieux. Séance du Sénat du 26 janvier
leur facteur de cette influence et de ces moyens de péné-
tralion qui conduisent au développement des échanges. Voilà l'intérêt du commerce, certain, évident. Et n’est-ce pas gratuitement le compromettre que d’empêcher l’achat de navires utiles à ses spéculations » (1).
D'ailleurs, protéger ainsi les chantiers français, c'est
compromettre leur expansion. Diminuer le nombre des navires, empêcher la création de nouvelles maisons d'armement, tel sera le résultat de la suppression de la demi-
prime. Autant de clients que les chantiers maritimes ne
posséderont pas. Bien des maisons, aujourd’hui prospères, et clientes de chantiers nationaux, ont commencé, avec de petits capitaux, par acheter des navires à l'étranger. Non seulement le nombre des navires est utile à la marine française, mais aussi aux chantiers eux-mêmes, car les réparations s'y font toujours, et jamais dansles chantiers étrangers.
Et l'argumentation se résume ainsi : « Vous dites que je travaille pour l'étranger qui profite seul quand nos armateurs achètent chez lui des navires. Quand des navires sont achetés par nos armateurs français et viennent se franciser chez nous, restent-ils donc improductifs entre nos mains ? Le fret qu’ils gagnent n'est-il pas acquis à la France ? Et si l’on veut parler du travail national, l'équipage des navires n'est-il pas français et les transports dans nos ports ne donnent-ils pas de l'ouvrage à |