LE SOIR
Kl lu dans SCS regards, pleins d'une fiamaie chaste, Tout un avenir de bonheur?
Ou bien, sur quelque mont couronné de nuées, Où les foudres du ciel cent fois se sont ruées, i>'avez-vous jamais, seul, et le monde à vos pieds, Scruté l'orageux cours de cette pauvre vie, Où l'on voit constamment sous le pied de l'envie Les plus beaux fronts humiliés?
W'avez-vous pas songé que, dans ces vastes plaines, Sous ces milliers de toits, souvent de tristes scènes. Quand, gorgé du festin, le riche est endormi , Troublaient des nuits d'hiver les heures si tranquilles? IS'avez-vous pas songé que, dans les grandes villes, Vous n'aviez pas un seul ami?
Et quand votre pensée est rentrée en vous-même, IN'avez-vous pas lancé quelque horrible anathêmc Contre ce monde, où tout n'est que tristesse et fiel?
Puis, quand vos pas errants se sont perdus dans l'ombre, N'avez-vous pas senti, comme la brume sombre, Vos soupirs s'élever au ciel?