LE SOIR
P.êverie.
Quand l'angle que les cieux forment avec les ondes, Par l'efTet de la nuit semble être rétréci : Quand le père du jour cingle vers d'autres mondes, Et franchit lentement l'horizon obscurci :
Lorsque ses longs adieux, sur les cimes chenues, Bien que déjà la nuit règne dans les vallons. Jettent des flots de pourpre, et rougissent les nues Qui flottent dans les airs au gré des aquilons :
Lorsqu'au loin, slir les mers, levague bruit desranics Rouleetfuit trislemenl comme un chaut du cercueil : Lorsqu'on écoute, seul, le cri des blanches lames Qui se heurtent ensemble, et brisent sur Técueil :
Quand l'univers entier s'endort dans les ténèbres; Qu'on entend dans les monts les fleuves murmurer; Qu'on écoute, rêveur, les longs hymnes funèbres Qu'au rameau des forêts les vents font soupirer :
Lorsqu'enfin dans le val, parsemé de chaumières, On regarde, et qu'on voit passer et repasser Des paysans tardifs les tremblantes lumières, Errer dans les sentiers, sous les toits s'effacer :
Oh! n'avez-vous jamais, à cette heure suprême. Marché silencieux près d'un ange qu'on aime; Contemplé dans ses traits les vertus de son cœur; Ravi dans un baiser son ame enthousiaste,