‹ MarinesChapitre 15 sur 76 · LA COURONNE D ÉPINE DC POETE · texte numérisé non relu

LA COURONNE D ÉPINE DC POETE

Pourquoi me brûles-tu, ma couronne d'épine? Depuis le jour fatal où tu ceignis mon front, Oîi le feu du génie embrasa ma poitrine Comme l'astre du jour qui brille à l'horizon , Sais-tu que les beaux jours ont déserté ma vie; Qu'une langueur secrète a désolé mon cœur, Et que ce cœur blessé, mais plein de poésie, Demande un baume à sa douleur!

Pourquoi me brùles-tu , ma couronne d'épine?

Du Tasse et du Camoëns dois-je subir le sorlV Des rides sur mon front la trace se dessine ; M'as-tu donc épuisé dans mon premier effort !... Veux-tu donc condamner le jeune enthousiaste A s'éteindre, impuissant, sous un soleil glacé, A languir sous l'éclat d'une étoile néfaste, A mourir pauvre et délaissé !

Pourquoi me brûles-tu, ma couronne d'épine?... Et, soudain, j'entendis, à ce troisième appel, Le génie élever sa voix forte et divine. Et jeter sur mon sort cet oracle du ciel ; « Du Dieu qui la ceignit l'éclatante victoire, a Du Tasse et du Camoëns les destins rigoureux, a Ont placé sur leur front l'auréole de gloire; « Souffre, et tu brilleras comme eux î »

Drùle-moi , brûle-moi, ma couronne d'épine! Brùle-moi, je le veux! pour te porter, mon front Puisera dans mon cœur une force divine :

LA COURONWK D EPINES. 47

Brùle-moi..., vers le ciel mes chants s'élèveront! Mourir inaperçu sur cette triste terre... Ah ! cette horrible idée a soulevé mon cœur. Je monterai ma croix au sommet du calvaire : Pour parvenir, rien ne fait peur!.!!

LA HARPE D OSSIAN

Marine.

Sur la mouvanle cime

Des flols échevelés ,

La harpe maritime Vers nos falaises vole, et rend un cri sublime £n heurtant tout à coup les rochers dentelés.

Semblable à ces nacelles Qui, fuyant loin des bords , Inondent d'étincelles Le remous écumant qui bondit après elles,

La harpe inonde l'air d'un long torrent d'accords.

Mais la lame écumante ,

Dont la poitrine bout

Au feu delà tourmente, Lance au sommet des rocs la harpe gémissante, Oui, malgré l'ouragan, y demeure debout.

La voilà sur les crêtes

De ce Memnon scabreux;

Et les flèches muettes Des éclairs dévorants, doigts de feu des tempêtes, Arrachent à son sein des accents ténébreux.

Elle est enveloppée

Dans de sombres brouillards.

La foudre l'a frappée ; Et chaque corde luit, comme l'ardente épée Qui mutile l'acier du casque des fuyards.

LA HARPE D OSSIAN

0 nuit d'horreur! liquide empire, Tu hurles, et lu te débats Sous le cauchemar du délire !

C'est à tes foudroyants éclats Que ta vieille harpe s'inspire.

Écoutons ce qu'elle va dire Dans cet universel fracas :

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