LA COURONNE D ÉPINE DC POETE
Pourquoi me brûles-tu, ma couronne d'épine? Depuis le jour fatal où tu ceignis mon front, Oîi le feu du génie embrasa ma poitrine Comme l'astre du jour qui brille à l'horizon , Sais-tu que les beaux jours ont déserté ma vie; Qu'une langueur secrète a désolé mon cœur, Et que ce cœur blessé, mais plein de poésie, Demande un baume à sa douleur!
Pourquoi me brùles-tu , ma couronne d'épine?
Du Tasse et du Camoëns dois-je subir le sorlV Des rides sur mon front la trace se dessine ; M'as-tu donc épuisé dans mon premier effort !... Veux-tu donc condamner le jeune enthousiaste A s'éteindre, impuissant, sous un soleil glacé, A languir sous l'éclat d'une étoile néfaste, A mourir pauvre et délaissé !
Pourquoi me brûles-tu, ma couronne d'épine?... Et, soudain, j'entendis, à ce troisième appel, Le génie élever sa voix forte et divine. Et jeter sur mon sort cet oracle du ciel ; « Du Dieu qui la ceignit l'éclatante victoire, a Du Tasse et du Camoëns les destins rigoureux, a Ont placé sur leur front l'auréole de gloire; « Souffre, et tu brilleras comme eux î »
Drùle-moi , brûle-moi, ma couronne d'épine! Brùle-moi, je le veux! pour te porter, mon front Puisera dans mon cœur une force divine :
LA COURONWK D EPINES. 47
Brùle-moi..., vers le ciel mes chants s'élèveront! Mourir inaperçu sur cette triste terre... Ah ! cette horrible idée a soulevé mon cœur. Je monterai ma croix au sommet du calvaire : Pour parvenir, rien ne fait peur!.!!
LA HARPE D OSSIAN
Marine.
Sur la mouvanle cime
Des flols échevelés ,
La harpe maritime Vers nos falaises vole, et rend un cri sublime £n heurtant tout à coup les rochers dentelés.
Semblable à ces nacelles Qui, fuyant loin des bords , Inondent d'étincelles Le remous écumant qui bondit après elles,
La harpe inonde l'air d'un long torrent d'accords.
Mais la lame écumante ,
Dont la poitrine bout
Au feu delà tourmente, Lance au sommet des rocs la harpe gémissante, Oui, malgré l'ouragan, y demeure debout.
La voilà sur les crêtes
De ce Memnon scabreux;
Et les flèches muettes Des éclairs dévorants, doigts de feu des tempêtes, Arrachent à son sein des accents ténébreux.
Elle est enveloppée
Dans de sombres brouillards.
La foudre l'a frappée ; Et chaque corde luit, comme l'ardente épée Qui mutile l'acier du casque des fuyards.
LA HARPE D OSSIAN
0 nuit d'horreur! liquide empire, Tu hurles, et lu te débats Sous le cauchemar du délire !
C'est à tes foudroyants éclats Que ta vieille harpe s'inspire.
Écoutons ce qu'elle va dire Dans cet universel fracas :