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PENSÉES DE MIT

Et riiurrible hideur de sa chair corrompue, Couverte par les gazons verts !

Voilà bien l'homme mort! Ainsi, la créature Dont la vie a coulé blanche, suave, et- pure, Doit assouvir la faim de ces vers des tombeaux, Qui se disputeront ses putrides lambeaux! L'hommeau sublime cœur, qu'aucun crime ne souille. Ne doit être, après tout, qu'une ignoble dépouille : Cet homme, que l'amour fait si noble et si beau! C'est effrayant, mon Dieu! quel horrible tableau!

Oh ! s'il en est ainsi , pourquoi donc l'espérance

Ment-elle nous bercer au sein de la souffrance?

Pourquoi celui qui meurt ne bîasphème-t-il pas

Le jour de sa naissance et celui du trépas;

Kî ne iance-t-il pas l'analhème à sa mère?

Pourquoi le désespoir, l'horreur et la colère

bans ses yeux effarés ne se peignent-ils pas?

Et pourquoi S4.ir son sein ne tord-il point ses bras ^

C'est qu'à l'instant suprême où l'on quitte la vie, L'Éternel nous envoie un céleste génie, Qui pose sur le cœur, saisi du froid mortel, Une main, et de l'autre il nous montre le ciel.

C'est que le messager des puissances divines Nous dit : Il est une ame au fond de vos poitrines ! Cette ame va partir vers la divinité Qui jugera la vie avec sévérité.

Alors le criminel meurt, rugissant, livide,

En maudissant le vice et son attrait perfide.

Le sage meurt joyeux, comme s'il s'endormait.

Du mont de l'existence arrivés au sommet

Tous deux en même temps, l'un monte, l'autre tombe.

Souvent ensevelis dans une même tombe,

Ce serait effrayant si leurs âmes, mon Dieu !

Allaient se réunir ensemble au même lieu.

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