PENSÉES DE NUIT
Mon bien, source de tout dictame Pour l'homme que le bonheur fuit, Un peu de calme pour mon ame; Car j'ai bien souffert celte nuit!
Des tourments des humains j'ose sonder l'abîme. Comme il est noir! profond ! Naître c'est donc un crime ,
Puisque Dieu le punit de mort?
Feuilles d'un arbre immense, éparses sur la terre Qui nous engloutit tous dans son béant cratère,
Comme il est triste, notre sort!
Nul homme mieux qu'Young n'a compris l'existence: Au milieu des plaisirs il a vu la souffrance,
Au front livide, au teinl flétri, Abâtardir la joie, empoisonner la vie; Et dans le cœur d'airain de la philosophie,
De douleur arracher un cri.
0 néant ! bien des fois je t'invoque... Un poète Se mire dans lui-même : et son ame imparfaite,
Reflet de la divinité, Aspire à remonter vers la céleste voûte , Où la mort seule peut, en y frayant sa route,
Le rendre à la félicité !
Quel effrayant tableau pour l'homme qui succomljc! La fange de son corps crou[)issant dans la tombe ,
Ses os cariés, dont les \ers Font leurrucheet leurnidquandieurfaimest repue,