SOUVENIRS MARITIMES
Si, moins vastes que vous, Belles plaines des mers, dans l'infini perdues, Ces plaines ont des monts bornant leurs étendues ,
Leur aspect est plus doux.
On ne les voit jamais , comme un abîme sombre , liéer; puis s'élever en collines sans nombre;
S'entler en monts mouvants.
Maison voit les bfés mûrs, au fonddes lointains vagues, Ondulant comme vous, bercer leurs jaunes vagues,
Sous les baisers des vents.
A UxN VAISSEAU DE CEM VrNGT, EN DÉMOLITION.
Marine.
Où soiil (Jonc tes beaux jours : quandl'haleiuedes brises Caressait ton drapeau , gonflait tes voiles gri.ses ,
El t'éloignait du port ; Quand tu portais, au sein des batailles sanglantes, Sur tes deuxîarges flancs, cent vingt gueules ardentes
Qui vonais^aient la mort?
Tes jours de grande gloire , où l'altière Angleterre Voyait ses fils, battus, fuir devant ton tonnerre Eu poussant de longs cris ;
Où les bombes volaient, puis éclataient, les unes Sur les ponts mutilés , les autres sur les hunes ^ Des vaisseaux ennemis ?
Qu'as-tu fait de ces mâts, dont les flèches aiguës Cent fois, pendant la nuit, déchirèrent les nues
Qui pesaient sur les mers ?
Qu'as-tu fait des couleurs si noblement rangées, Qui dessinaient sur toi six terribles rangées.
Aux rapides éclairs?
Des cordages sans nombre, et des vergues immenses, Où tes fils, alignés, entonnaient les romances
De leurs pays lointains :
De ton drapeau criblé qui, sur la brigantine, Serpentait et laissait, vers la voile latine.
Flotter ses plis mutins :
Des voiles, des haubans, des focs triangulaires. Du sillage argenté qui, sur les eaux amères,