I0> ROCHER ET LA YOLE
Marine.
il est sous le Cap-Brun, une petite roche. J'éprouve un doux plaisir chaque fois que j 'approche De son berceau de pierre, où je viens mecachcx". J'ai, pareil au Camoens, ma poétique grotte, D'où je vois chaque lame expirer sur la côte, Et l'écume des flots neiger sur mon rocher.
Je vois la mer. Souvent, comme une jeune femme,
Klle semble iiéiiiir «l'une amoureuse tlamme. Son sein d'azur palpite aux baisers des zt'pli) rs. Mais les zéphyrs s'en vont, et les vagues si belles, Chaque jour, chaque nuit, pleurant les infidèles, Exhalent leurs douleurs en amoureux soupirs.
Parfois on la dirait une large poitrine
Qui s'enfle et qui s'aflaisse. Elle ouvre pour narine
Ln gouiVre dont le râle, au loin se prolongeant,
Eveille et fait mugir la falaise hautaine
Je n'y vois maintenant qu'une plaine d ebène. Et les flots festonnés de dentelles d'argent.
A peine on voit les rocs, estompés dans la brume,
Agiter à leurs pieds leur écharpe d'écume.
C'est l'heure oij, triste et seul, je viens ici m'asseuir.
Aux pleurs de la rosée on sent que le ciel pleuie
Tout semble inachevé; tout est vague à celte heure.. Quel tableau, spmbre mer, m'offriras-tu ce soir?