‹ MarinesChapitre 32 sur 76 · MON ROCHER ET LA YOLE · texte numérisé non relu

MON ROCHER ET LA YOLE

Ou'cst-ce donc qui, là-bas, rase la mer limpide? ' Serait-ce un goéland attardé sur les eaux,

Qui regagne, d'un vol rapide, L'asile qu'il suspend aux mâts des vieux vaisseaux?

Est-ce une hirondelle craintive?

Ou l'oiseau de tempête, au vol lourd, le pétrel,

Venant, d'une oreille attentive, Ecouter, près du "bord, le chant du ménestrel ?

Serait-ce une étoile égarée, Qui, trompée en voyant un ciel au tond des mersj

Cherche sa demeure azurée.

Et gémit, éperdue, au scindes tlots amers?

S«Mait-ce une comète errante?

J";tpen;ois, sous ses pas, des feux élincelor C.omme une chevelure ardente'

Est-ce un sylphe du soir qui vient se lévôlerV

Comme, assis dans ces rocs, je me crée à mon aise

De riantes illusions!

Les brises du Péloponèse Font écumer les flots, dont les blanches toisons

Voltigent sur notre falaise,

Pareilles à des alcyons :

Cet objet qui, là-bas, rase la mer limpide

D'un vol si doux et si rapide :

Ce n'est pas ce que j'avais cru.

Ce n'est ni goéland, ni sylphe, ni comète, INi le sinistre oiseau qui prédit la tempête

Quand l'astre des nuits a paru.

Je n'ai vu qu'une svelte yole Qui faisait, sous ses pas, jaillir des sillons d'or. Les anneaux de sa banderolle

Page 1