‹ MarinesChapitre 38 sur 76 · LE PECHEUR À SA NACELLE · texte numérisé non relu

LE PECHEUR À SA NACELLE

D'un joyeux bond, Dans celte mer que j'aime, *

Je m'élançais, moi-même.

Comme un poisson.

Déjà mon cœur palpite...

Ne vole plus si vile,

Léger baleau !

Arrête... ! je contemple Ce bras de, mer, qui semble

Un doux berceau.

Plein de mystère et d'ombre C'est sous ce berceau sombre ,

Ceint de rochers , Qu'un soir, douce nacelle, Tu fus lémoinTidôle

De nos baisers.

Comme elle était craintive

Quand la vague plaintive,

Que le zéphyr Soulève sur la plage, Expirait au rivage

Comme un soupir !

Seul , le bruit de ma rame Maintenant pour son ame

Est un bruit doux :

C'est que, dans ma chaumière, Mon fils attend un père;

Elle un époux !

La sombre jalousie Ne flétrit point sa vie :

Elle a ma foi ; Elle sait, ma nacelle, Que je lui suis tidèle

Autant qu'à toi ! ! !

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