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SINISTRE

Marine.

Le mistral furieux siffle dans les cordages. Les promeneurs du soir laissent nos quais déserts. La nuit vient. Les pêcheurs regagnent leurs rivages. Et le soleil mourant , dans de sombres nuages, Semble s'ensevelir à l'horizon des mers.

Des vagues, ou plutôt des montagnes mouvantes. Heurtent avec fracas leurs fronts, blancs de fureur. Leur rude choc produit des notes effrayantes : On dirait que le ciel hurle avec ces tourmentes,

Kl qu'il mêle sa foudre à ce sauvage chœur.

O terreur ! Regardez cette pauvre nacelle Que la mer lance au ciel et que le ciel lui rend. Voyez, comme elle lutte, et comme elle chancelle; Et comme son fanal dans la nue étincelle, Puis revient éclairer l'abime qu'elle fend.

Tel qu'un petit navire, au sein de ces batailles Dont le bruit va troubler la paix des océans Et remuer des mers les sonores entrailles. Lutte entre deux vaisseaux et brave leurs mitrailles, Ainsi lutte l'esquif entre deux flots géants- Mais les cris déchirants du pécheur qui su(Xombe \ibrent dans l'air. Le ciel a dicté son arrêt. Deux flots, en se joignant, vont lui sceller sa tombe. La nacelle, sans mât, s'élance, vole, tombe, Se relève soudain, retombe disparaît.

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