‹ MarinesChapitre 48 sur 76 · A MA JALOUSE · texte numérisé non relu

A MA JALOUSE

Ouels crimes nie fais-tu? a Je nie plais à fiiniei ! <t Je ne fais rien pour toi ! Je ne sais pas aimer !..

Jalouse jusque d'un cigare !

C'est bien vainement s'alarmer!

Chaque matin je te prépare De jolis vers, que je le lis le soir. Là, je le peins mon amour, mou espoir;

Et bien souvent, ma bien-aim'u?,

Je t'ai dit que celle fumée,

Oui me rend, pour toi seule, et poêle et rêveur, Devrait, autant qu'au mien, être chère à ton cœur.

Regarde-la? Dans l'air elle Hotte, elle nage;

Puis, elle vient de s'arrondir.

Vois, ne dirait-on pas l'anneau de mariage

Qui doit quelque jour nous unir?

Oh! suivons-la des yeux : par la brise chassée, Et formant un plus large rond , Elle vient poser sur ton front La couronne de tiancée!

Puis, dans les cieux , par les vents effacée, JNe t'offre-t-elle pas l'image des beaux jours ;

Et ne semble-t-elle pas dire :

\idez, jeunes enfants, la coupe des amours;

Car, à vingt ans , le lleuve du délire, (".omnie mon Ilot qui monte et dans son vol expire, A déjà ralenti son cours?

SOM.MtIL.

Viens sur mon sein, ma jeune bien-aimée; Sur ce vivant oreiller, viens dormir; Sous le contact de ta tête embaumée , Ne sens-tu pas ma poitrine calmée S'épanouir?

C'est que ton souiïle a bien plus d'harmonie Que le zéphyr qui naît, soupire et meurt. C'est que les chants d'un sublime génie N'égalent passa vague poésie,

17 i AIARLNKS.

X\ sa douceur.

Comme les fleurs qui penchent leurs corolles Sur d'autres fleurs, je me penche sur toi ;

Et je te dis de si douces paroles î

Car mon amour craint que tu ne t'envoles D'auprès de moi.

Tu pourrais bien t'enfuir vers cette sphère Que tu quittas , peut-ôtre avec regrets. Je t'en conjure, oh! reste sur la terre. Reste, ou bientôt éperdu, solitaire, Je te suivrais.

Ou, si tu veux aux plaines éternelles T'en retourner, songe que j'ai ta foi.

Dérobons-nous aux angoisses mortelles, Ange du ciel, et dans tes blanches ailes, Empoile-moi.

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