‹ MarinesChapitre 51 sur 76 · A UNE JEUNE FILLE · texte numérisé non relu

A UNE JEUNE FILLE

Ange mystérieux, que j'aime et que j'estime, Réveille ton courage au penchant de l'abîme! Delà force, aujourd'hui qu'un vicient amour Peut, dans un court transport, nous perdre sans retour Ange! reporte au ciel ton aile blanche et pure! Soutiens-moi dans ton vol , moi , frêle créature, Moi qui suis fait de boue, et toi qui viens des cieux! De la force, aujourd'hui! de la force pour deux !

Hélas! dans ce chemin qu'on appelle la vie,

\fM) MARINES.

Cha(iueéj)r('ii\e,|)omiioii.s, d' une épreuveest suivie : Qui peut niaiclicr, exempt de crainte et de regrets, Sans que le pied lui tremble ou l'égaré jamais? Plus que nos volontés les passions sont fortes : L'homme, sans le savoir, brise souvent des portes D'où la réalité sort, et sou (île soudain Sur les illusions qui charmaient son destin. Nous sommes arrivés à la porte sacrée.

Arrêtons-nous ! gardons la pudeur adorée! Qu'un sacrilège bras redoute d'y toucher! Son voileest sur nos fronts, rien n'en doit l'arracher. L'estime de soi-même est un trésor sublime : L'affaiblir est un tort; la perdre , c'est un crime'

Oh! conservons toujours ce charme précieux! INous pourrons sans rougir interroger nos yeux, Y lire notre amour, y mirer nos feux chastes ! ISon, les pensers rongeurs, les souvenirs néfastes iNe sont pas faits pour toi! Sous l'aile du bonheur, Pelle d'illusions, et fière de pudeur,

Page 1